L'ONU appelle à "insister sur le dialogue" après Marioupol

Le chef des affaires humanitaires de l'ONU Martin Griffiths estime que les évacuations de Marioupol doivent pouvoir alimenter une reprise du dialogue en Ukraine. ©KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Ukraine
Keystone-ATS
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Il faut "insister sur les vertus du dialogue" après les évacuations de combattants de Marioupol, selon le chef des affaires humanitaires de l'ONU. Martin Griffiths a appelé jeudi à Genève à débloquer "urgemment" l'accès aux céréales qui ne peuvent plus être exportées.

"Il faut revenir à la table des négociations", a affirmé le Britannique à la presse. Il déplore que les discussions pilotées par la Turquie, où il s'est rendu la semaine dernière, soient bloquées.

Or, la collaboration entre Ukrainiens et Russes pour évacuer un certain nombre de personnes "a fonctionné mieux que dans les précédentes semaines de la guerre", estime le chef des affaires humanitaires. Et d'appeler aussi à s'appuyer sur ces avancées ciblées.

M. Griffiths a salué les efforts du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ces dernières semaines dans les évacuations de blessés et des prisonniers de guerre. L'expérience des humanitaires peut être utile pour améliorer le dialogue, ajoute-t-il.

De retour d'Afrique il y a quelques jours, le chef des affaires humanitaires de l'ONU dit avoir vu par lui-même dans le nord du Kenya les effets des difficultés d'approvisionnement en céréales ukrainiennes. "Nous avons besoin" de celle-ci "urgemment", a-t-il encore dit, répétant que des contacts intenses sont menés pour tenter de trouver des solutions.

Besoins en extension de 10%

Et le Bureau des affaires humanitaires (OCHA) a revu il y a quelques jours son appel humanitaire pour cette année à la hausse, de 5 milliards de dollars, à 46 milliards de dollars (environ 45 milliards de francs). Près de 6 milliards ont déjà été reçus, un record à cette période de l'année, mais insuffisant.

Plus de 300 millions de personnes ont besoin d'assistance dans le monde dans 69 pays, en extension de 10% par rapport à janvier, a également précisé l'agence onusienne. L'ONU veut en aider plus de 200 millions, un chiffre là aussi en extension de 10% par rapport à il y a quelques mois.

Malgré la guerre en Ukraine, "nous n'avons pas vu, jusqu'à récemment, de réduction du financement de la part des donateurs", ajoute M. Griffiths. Pour autant, celui-ci continue de manquer. "Nous n'avons pas les ressources" pour aider les personnes qui en ont le plus besoin, a insisté le Britannique. La réponse apportée à l'Ukraine doit désormais être répliquée d'autant pour les autres problèmes.

Le Centre international de surveillance des déplacements internes (IDMC) a dévoilé jeudi un record de déplacés de près de 60 millions fin 2021. M. Griffiths alerte notamment sur les effets de la sécheresse inhabituelle dans l'Est de l'Afrique qui a affecté 18 millions de personnes dans plusieurs pays.

Inquiet sur l'Afrique

Au total, 35 millions de personnes font face à des difficultés alimentaires. Certains redoutent de nombreux déplacements. "Nous avons besoin urgemment d'argent pour sauver des personnes dans les mois prochains mois", affirme encore le chef des affaires humanitaires de l'ONU.

En raison du conflit au Tigray, l'Ethiopie a été confrontée à un record de déplacés internes. Si la situation "se détériore" encore dans le nord et se propage au reste du pays, des mouvements de réfugiés vers l'Europe pourraient aussi être observés, estime le Britannique.

Il redoute aussi une augmentation des violences au Sahel, région pour laquelle le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres va annoncer vendredi une aide d'urgence de 30 millions de dollars, et dans l'Est de l'Afrique. Il s'est rendu notamment dans des villages au Kenya, où aucun affrontement n'a été observé mais qui pourraient être confrontés à ce problème. "Plus nous arriverons à apporter de l'assistance tôt, plus nous limiterons" cette menace, selon lui.

M. Griffith réitère aussi l'appel de l'ONU à la Corée du Nord à autoriser le retour du personnel international de l'organisation dans ce pays. "Nous voulons y retourner", alors que le pays fait face à d'importants défis liés à la pandémie, dit le chef des affaires humanitaires.

ATS
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