L'OMS "très inquiète" d'une augmentation des décès un peu partout

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'il est trop tôt pour lever toutes les restrictions contre la pandémie (archives). ©Keystone/MARTIAL TREZZINI
Coronavirus
Keystone-ATS
Keystone-ATS

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est "très inquiète" de l'augmentation récente des décès dans quatre régions dans le monde. Le moment n'est venu "ni de se rendre, ni de déclarer avoir vaincu" le coronavirus, a dit mardi à Genève son patron.

"Nous appelons les pays à protéger leurs citoyens en utilisant tous les outils" contre la pandémie, pas seulement le vaccin, a affirmé à la presse Tedros Adhanom Ghebreyesus. Depuis dix semaines, près de 90 millions de cas ont été observés avec le nouveau variant Omicron, davantage que durant la première année du coronavirus. Ils étaient plus de 20 millions depuis une semaine.

M. Tedros se dit inquiet des déclarations dans certains pays selon lesquelles la contagiosité et la basse dangerosité d'Omicron rendent la lutte contre le virus "impossible" et "plus indispensable". Une erreur, selon lui.

L'OMS tente d'identifier la progression de quatre sous-lignages du variant et demande aux gouvernements de continuer à tester et à faire du séquençage. L'un d'entre eux serait notamment plus contagieux, selon une étude publiée lundi. Sa prévalence augmente dans certains territoires, selon une épidémiologiste de l'organisation.

Pas encore le "pic" du variant

De nombreux pays "n'ont pas atteint le pic d'Omicron" et n'ont pas un taux de vaccination suffisant, a-t-elle renchéri. Elle appelle à nouveau à rester "prudent", à ne pas lever d'un coup les restrictions comme certains pays commencent à le décider.

L'Afrique du Sud a elle notamment suspendu l'obligation d'isolement pour les cas positifs. L'OMS recommande toujours de limiter le plus possible la propagation du virus. La plupart des personnes infectées sont contagieuses deux jours avant les symptômes et de cinq à neuf jours après, a encore répété l'épidémiologiste. Mais cette période peut être plus longue.

Beaucoup de personnes vulnérables n'ont toujours pas été immunisées. Autre problème, une trentaine de pays n'ont pas encore pu vacciner 10% de leur population en raison du manque d'approvisionnement dans les Etats en développement pendant de longs mois. Alors que des milliards de doses ont été administrées au total.

Rapport d'experts dans les prochaines semaines

Le dispositif international d'accès équitable Covax va continuer à distribuer des centaines de millions de doses par mois pendant les prochains mois. L'objectif de vacciner 70% de la population de chaque pays d'ici fin juin reste "plus que possible", estime encore le directeur général. Il peut même être dépassé, selon lui.

Les investigations sur le début de la pandémie se poursuivent. Le nouveau groupe consultatif scientifique sur les origines des pathogènes, dont fait partie la Suissesse Kathrin Summermatter, s'est réuni à six reprises. Un premier rapport avec des recommandations sera rendu "dans les prochaines semaines" et sera d'abord relayé auprès des Etats membres avant d'être publié.

Au total, plus de 5,6 millions de personnes sont décédées du coronavirus depuis le début de la pandémie. Plus de 370 millions de cas ont été identifiés. Mais ces chiffres sont sous-estimés par rapport à la situation, selon le directeur général.

ATS