Loi sur la transplantation: le comité du "non" lance sa campagne

Pour le comité du "non" à la nouvelle loi, un modèle explicatif tel que proposé par la Commission nationale d'éthique serait une voie praticable. "Il amènerait les gens à réfléchir au don d'organes et à s'exprimer à ce sujet", a déclaré la conseil... ©KEYSTONE/LEANDRE DUGGAN
Don d'organes
Keystone-ATS
Keystone-ATS

Des raisons médicales, éthiques et juridiques s'opposent au prélèvement d'organes sur une personne décédée si elle n'a pas donné son consentement de son vivant: le comité du "non" a présenté mardi ses arguments contre la modification de la loi sur la transplantation.

En passant d'une solution de consentement à une solution d'opposition, les partisans veulent qu'il y ait à l'avenir plus d'organes disponibles pour les donneurs. Pour le comité du non au texte, soumis au peuple le 15 mai prochain, ce changement n'est pas la bonne voie pour atteindre l'objectif.

La nouvelle loi entraîne un passage au principe du consentement présumé: toute personne ne souhaitant pas faire don de ses organes après son décès devra désormais le signaler explicitement. En l'absence de cette déclaration, les proches seront interrogés et pourront refuser un prélèvement d'organes en se référant à la volonté présumée du défunt.

Aujourd'hui, c'est le principe inverse qui prévaut: un don d'organes est possible uniquement lorsqu'il y a consentement explicite, par exemple avec une carte de donneur. Un référendum a été lancé contre la décision du Parlement.

Pas plus d'organes qu'aujourd'hui

L'UDC, le PS, le Centre, le PLR, les Vert'libéraux, le PEV et l'UDF sont représentés dans le comité interpartis du non. Celui-ci s'oppose à ce changement de paradigme pour des raisons médicales, éthiques et juridiques, faisant valoir qu'il n'existe aucune preuve scientifique selon laquelle la solution soumise au peuple permettrait de donner plus d'organes qu'aujourd'hui.

Le comité admet qu'il y a une pénurie d'organes, mais estime que le corps fait partie de ce que l'être humain possède de plus personnel. Toute intervention médicale, aussi minime soit-elle, ne peut se faire qu'avec son consentement explicite. "Le silence ne doit pas être interprété à tort comme un consentement automatique".

Trop peu de temps

Le comité contredit les partisans en affirmant que si les proches peuvent refuser le don, cela ne les soulagera pas. La mort cérébrale est déterminante pour le prélèvement d'organes. Or un événement aussi soudain plonge les proches dans le choc et la tristesse. Il serait contraire à l'éthique d'exiger d'eux une décision sur le don d'organes en si peu de temps.

Le comité fait valoir que la nouvelle réglementation est également pénible pour les proches car un refus de prélèvement d'organes leur serait reproché comme un comportement non solidaire.

Aux yeux du comité, il est en outre "irréaliste" d'informer les quelque six millions d'adultes du pays, comme le prescrit la nouvelle loi, qu'ils doivent s'opposer dans un registre à un prélèvement d'organes après leur mort. En conséquence de cette procédure, des organes seraient en effet prélevés contre leur gré sur des personnes qui ne seraient pas informées.

Un modèle explicatif, voie praticable

Un modèle explicatif tel que proposé par la Commission nationale d'éthique serait une voie praticable. "Il amènerait les gens à réfléchir au don d'organes et à s'exprimer à ce sujet", a déclaré la conseillère nationale Verena Herzog (UDC/TG). Le droit à l'autodétermination serait préservé.

Mais ce modèle n'a pas trouvé de majorité au Parlement. Avec lui, les gens seraient régulièrement invités à réfléchir au don d'organes et à consigner leur volonté. "Un oui le 15 mai bloquerait la voie à cette meilleure solution pour des années", a affirmé le conseiller national du Centre Stefan Müller-Altermatt (SO).

Environ 450 personnes par an ont reçu un organe au cours des cinq dernières années. Le besoin en organes est toutefois plus élevé: fin 2021, 1434 personnes étaient sur liste d'attente.

ATS
Les articles les plus lus