L'intérêt pour le chauffage à bois n'avait pas été aussi important depuis 20 ans

Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

La demande en bois de chauffe a encore augmenté en 2021. Et cela pourrait continuer en raison de la pénurie énergétique annoncée. En Valais, les professionnels de la branche se réjouissent de cette revalorisation de la ressource, pourtant les prix ne permettent toujours pas d’être rentable.

Le prix du bois a augmenté en 2021 et les professionnels de la branche forestière s'en réjouissent. Il faut dire que depuis plusieurs décennies, la ressource avait continuellement perdu de valeur. «Cette augmentation de l'attractivité est un soulagement, réagit Christina Giesch, directrice Forêt Valais, l'association des propriétaires forestiers du canton. Elle ne veut pourtant pas se réjouir trop rapidement. « Il y a eu plusieurs marqueurs de ce déclin. D'abord, la tempête Lothar en 1991 qui a provoqué un excédent de matière sur le marché faisant chuter les prix. Puis en 2015 avec l'abandon du taux plancher. Aujourd'hui, on a simplement retrouvé les prix exercés il y 7 ans.»

«L'augmentation des prix du bois a simplement réduit les déficits des exploitations forestières.»

Christina Giesch, directrice Forêts Valais, l'association des propriétaires forestiers du canton.

Selon elle, le Valais est encore très loin d'atteindre des prix qui permettraient de compenser les frais d'exploitation sans avoir recours aux subventions liées à l'entretien des forêts protectrices contre les catastrophes naturelles. «On voit, dans les autres cantons où cela n'existe pas, cette revalorisation financière a simplement réduit les déficits des exploitations.»

Pourtant, la demande en bois de feu chez les privés est croissante. En Suisse, elle n'a d'ailleurs jamais été aussi importante depuis 20 ans. Et l’augmentation pourrait s’accentuer avec la hausse du prix du gaz et la pénurie énergétique annoncée. «On sent, en particulier cette année, une hausse de la demande, analyse Christina Giesch. Spécialement pour le bois énergie, que ce soit pour les grandes centrales – sous forme de bois déchiqueté – ou alors en pellets, ou même en bûche pour les particuliers.» Mais pour les segments prêts à l'emploi, il faut compter entre 120 et 160 francs le stère, ce qui couvre à peine la manutention. «Il s'agit davantage d'un service à la population», admet la spécialiste. 

«On sent, en particulier cette année, une hausse de la demande en bois de chauffe.»

Christina Giesch, directrice Forêts Valais, l'association des propriétaires forestiers du canton.

Les débouchés pour le bois d’énergie existent donc pour les particuliers. De gros projets sont également à l’étude pour développer ce type d’utilisation à échelle industrielle «Tout ne se fera peut-être pas, mais il y a du potentiel», commente la directrice de Forêts Valais. Reste que dans un arbre, tout n’est pas voué à être découpé en bois de feu. « Il faudrait que les parties les plus nobles soient transformées en bois de construction plutôt que d'être brûlées. Au niveau écologique, ce serait parfois plus intéressant que de simplement remplacer un chauffage fossile par du bois. Car chaque mètre cube de bois intégré à un bâtiment capture jusqu'à une tonne de CO2 pendant sa durée de vie. »

Selon la directrice de Forêts Valais, le canton affiche d'ailleurs un retard important en matière de construction en bois. Selon elle, la Suisse alémanique érige deux fois plus de bâtiments en bois que la région romande.

dar
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