Les Remontées Mécaniques du Valais s'opposent à l'obligation de la grille salariale

Le nouveau contrat-type de travail ordinaire (CTT) des remontées mécaniques valaisannes entrera en vigueur le 15 septembre (archives). ©KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Tourisme
Didier Morard
Journaliste

Le dossier des salaires des employés des Remontées Mécaniques Valaisannes connaît un nouveau rebondissement. Les RMV s'opposent à la version publiée par le Conseil d'Etat dans le bulletin officiel.

Les Remontées Mécaniques du Valais (RMV) s’opposent à l’introduction obligatoire de la grille salariale pour leurs employés. Dans une prise de position adressée ce jeudi aux conseillers d’Etat Christophe Darbellay et Mathias Reynard – et dont Rhône FM s’est procuré une copie – les RMV contestent un point du contrat-type de travail (CTT) publiée dans le bulletin officiel du 9 septembre 2022.

La faîtière ne s’oppose pas au salaire minimum de 4'005 francs par mois mais à la hausse automatique des salaires en fonction des années d’expérience. « Cette mise en œuvre forcée de la grille salariale serait une entrave à la liberté et à la flexibilité des sociétés de remontées mécaniques », peut-on lire dans cette lettre adressée aux deux ministres valaisans.

Contacté, le directeur des Remontées Mécaniques du Valais, Pierre Mathey, confirme l’envoi du jour au Conseil d’Etat. «Avec la situation économique d’après-covid et l’explosion des prix de l’énergie, nous ne pouvons pas supporter l’automatisme de la hausse des salaires en fonction des années d’expérience.»


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De son côté, l’Etat du Valais a fait savoir au début du mois qu’il entendait rendre obligatoire la grille salariale complète, y compris les parts d’expérience le 1er juin 2023.

Pour faire appliquer cette disposition, qui contrarie aujourd’hui les Remontées Mécaniques du Valais, le canton dispose d’un atout majeur dans sa manche : la loi sur l’encouragement des remontées mécaniques (LERM) en vigueur depuis le 1er mars 2019. L’article 17 prévoit des obligations pour les bénéficiaires de soutien étatique, notamment l’adhésion au contrat-type de travail. L’Etat peut même exiger du bénéficiaire des aides financières le remboursement immédiat, intégral ou partiel des montants perçus en cas de non-respect du CTT.

Ce contrat-type de travail est un long serpent de mer. En mai 2022, un rapport révélait que 36% des plus de 4000 employés des remontées mécaniques valaisannes touchaient un salaire inférieur à celui prévu par le contrat-type de travail de la branche. Etat et syndicats étaient alors montés au créneau et avaient exigé des partenaires du domaine à s'entendre sur une solution bénéfique pour l'ensemble des parties.

DM
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