Les réactions après la gifle reçue par le FC Sion: «On a fait un vrai match de merde»

FC Sion ©Keystone-ATS
Football
Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Le FC Sion a bouclé une semaine tumultueuse par une prestation clownesque. Fessé 7-2 par Saint-Gall à Tourbillon, il a concédé sa défaite la plus large des 40 dernières années. Les réactions après une soirée cauchemardesque.

Ces dernières saisons, le FC Sion a régulièrement touché le fond. Plus souvent qu'à son tour, il est passé au bord du précipice. Au bord de la relégation. Jamais pourtant, il n'avait autant sombré que ce samedi soir. Alors qu'il devait soigner sa sortie, offrir une belle soirée à un public trop souvent privé d'émotions à domicile depuis le début de ce championnat comme durant tous les précédents, il a fait tout le contraire. En s'inclinant 7-2 devant le FC Saint-Gall en ouverture de la 16ème journée de Super League, il a concédé son revers le plus large depuis 1982. À l'époque, l'adversaire s'appelait Aberdeen, l'entraîneur adverse était Sir Alex Ferguson, le match s'était joué en Ecosse et il comptait pour le tour préliminaire de la Coupe des vainqueurs de Coupe. 

«On peut tous faire notre mea culpa envers nos supporters. On n’a pas fait honneur à ce maillot.» Numa Lavanchy

Alors que plusieurs joueurs ont préféré filer à toute vitesse aux vestiaires au coup de sifflet final, seule une petite poignée d’entre eux ont assumé cette prestation ridicule en allant saluer ce public qui est en droit de se sentir souillé. Numa Lavanchy et Joël Schmied en faisait partie et ce sont eux qui se sont ensuite présenté devant la presse pour analyser ce qu’il était possible d’analyser. «On peut tous faire notre mea culpa envers nos supporters», a commencé le latéral vaudois. «On n’a pas fait honneur à ce maillot. Se prendre un 7-2 dans les dents fait mal. Il va falloir s’en relever.»

La perf’: cinq buts encaissés en dix-sept minutes

La soirée aurait pourtant pu prendre un tout autre tournant. Le chronomètre n’affichait pas encore cinq minutes de jeu que les Valaisans menaient 1-0 grâce à une réussite de Mario Balotelli sur penalty. Problème pour eux: après vingt-cinq premières minutes correctes à bonnes, ils ont réussi l’exploit d’encaisser cinq buts entre…la 27ème et la 44ème. «Je peine à l’expliquer», soupire Numa Lavanchy. «On rencontre un gros passage à vide et les deux derniers buts encaissés avant la pause (ndlr: le 1-4 et le 1-5) nous ont coupé les jambes pour la suite.»

«On va partir en vacances et cette performance va continuer à nous hanter.» Joël Schmied

«On a fait un vrai match de merde», assume de son côté Joël Schmied. «On a pas mal joué sur ce premier tour mais ce résultat va rester dans nos têtes pendant deux mois. On va partir en vacances et cette performance va continuer à nous hanter.» Lorsqu’on lui demande si le FC Sion s’est vu trop beau à un certain moment de l’automne, le numéro 2 lâche un petit rire gêné. «Je ne sais pas… Je ne crois pas…C’est difficile de trouver les mots maintenant.»

Paolo Tramezzani assume

Présent en conférence de presse, l’entraîneur Paolo Tramezzani a lui tenu à «protéger» ses joueurs et tout l’entourage de l’équipe. «Je prends l’entière responsabilité de cette défaite. Je n’ai pas besoin de soigner ma conscience. Un tel résultat à la maison, devant nos fans, c’est embarrassant. J’espère simplement qu’ils accepteront nos excuses. J’éprouve une douleur immense de leur avoir servi un tel spectacle.»

«En tant que coach dans un tel match, tu te sens seul.» Paolo Tramezzani

Alors que son équipe coulait à pic tel le Titanic, jamais le «capitaine» Paolo Tramezzani n’a semblé en mesure de retrouver le cap. Il a bien tenté d’insuffler un vent nouveau en sortant à la pause un autre capitaine, celui qui au fil de prestations décevantes n’en a de nom que le brassard qu’il porte au bras.  Mais ni cette sortie de Grgic, ni celle d’un Iapichino emprunté sur son couloir gauche n’ont changé quelque chose à l’histoire de ce film d’horreur visionné à Tourbillon. «En tant que coach dans un tel match, tu te sens seul», témoigne-t-il. «Tu aurais envie de donner un bras, une jambe ou n’importe quoi pour aider tes joueurs sur le terrain. Pour leur dire de tenir bon, de ne pas lâcher. Durant la fin de la première et toute la deuxième période, j’avais envie d’être sur le terrain avec eux. Je le répète, je regrette que les gens qui nous suivent aient à ce point souffert ce soir. Mais j’ai souffert tout autant je vous l’assure. Maintenant, mon travail sera de trouver comment faire pour qu’une telle soirée ne se reproduise plus. Aussi bien pour les fans que pour les joueurs ou moi-même.»

Ces clés, Paolo Tramezzani aura deux longs mois pour les trouver. Pour rebondir au printemps. Même si, après un tel match de la honte, on voit mal comment on pourrait creuser plus bas.

CM/YR
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