Les prix du pétrole se stabilisent

L'instabilité politique en Libye péjore la régularité de la production d'hydrocarbures du pays. (archive) ©KEYSTONE/AP/HUSSEIN MALLA
Hydrocarbures
Keystone-ATS
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Les prix du pétrole se stabilisaient mardi, après la hausse de la veille suite à l'arrêt de deux sites de productions majeurs en Libye. Les discussions autour d'un embargo européen sur les exportations russes alimentent cependant toujours une tendance haussière.

Vers 07h15, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin s'affichait en très légère hausse de 0,12% à 113,30 dollars, après avoir déjà gagné 1,30% à 113,16 dollars la veille au soir, son plus haut niveau en fin de journée depuis fin mars.

Quant aux 159 litres de West Texas Intermediate (WTI), principale variété américaine, avec échéance en mai, il fléchissait de 0,12% à 108,08 dollars. Lundi soir, il avait frôlé les 110 dollars prenant 1,17%, à 108,21 dollars.

Lundi, les négociants se sont inquiétés de "la perte de 500'000 à 800'000 barils de brut libyen", a expliqué Robert Yawger, responsable des contrats à terme sur l'énergie chez Mizuho Securities. "On ne peut pas se permettre de perdre un seul baril en ce moment", a-t-il averti. La Compagnie pétrolière nationale de Libye (NOC) a annoncé samedi la fermeture du terminal de Zouetina (nord-est), sous la pression d'un groupe d'hommes considérés comme proches du gouvernement de l'est du pays, qui réclame à l'exécutif en place à Tripoli de lui céder le pouvoir avant la tenue d'élections.

A l'autre bout du territoire libyen, dans le sud-ouest, un autre groupe armé a obtenu l'arrêt des opérations sur le champ pétrolier d'al-Charara, qui assure environ un quart de la production libyenne d'or noir. Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, des sites pétroliers libyens, puits ou terminaux, sont régulièrement contraints de fermer par des groupes armés qui en font ainsi un instrument de pression politique.

Marché toujours sous tension

L'interruption d'une partie des exportations libyennes intervient dans un marché déjà tendu par la perspective d'un possible embargo européen sur les exportations russes. L'Union européenne (UE) travaille bien à la suspension totale de ses achats de pétrole à la Russie, mais ne prévoit pas d'y parvenir avant "plusieurs mois", ont indiqué vendredi des sources européennes à l'AFP.

"C'est un grand bond en avant", a commenté Robert Yawger. "Cela pourrait faire encore monter les prix une fois les premiers détails annoncés. Ça retirerait beaucoup de barils du marché." Pour l'analyste, le pétrole était aussi orienté par la forte demande de produits distillés. Le fioul domestique a ainsi frôlé lundi aux Etats-Unis les 4 dollars le gallon (3,78 litres), seuil qu'il n'a plus atteint depuis début mars.

Sur le terrain en Ukraine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé lundi le début de l'offensive russe dans l'est de l'Ukraine, dont une partie est aux mains des séparatistes prorusses et où les combats meurtriers se sont intensifiés ces derniers jours. Au moins sept personnes ont été tuées et 11 autres blessées dans des frappes russes sur Lviv, la grande ville de l'ouest de l'Ukraine d'ordinaire relativement épargnée par les combats, ont annoncé les autorités locales.

"Cinq puissantes frappes de missiles" ont touché des "infrastructures civiles", a annoncé sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, conseiller du président Zelensky. Le gouverneur régional, Maksym Kozitsky, a lui évoqué quatre frappes de missiles de croisière, tirés depuis la Caspienne: trois sur des infrastructures militaires et une sur un garage de pneumatiques, qui ont provoqué des incendies. Toutes les cibles sont "gravement endommagées" selon lui.

L'armée russe a affirmé lundi soir avoir détruit avec des "missiles de haute précision" un important dépôt d'armes étrangères livrées récemment à l'Ukraine, lors de frappes dans la matinée près de Lviv.

ATS
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