Les parcours routiers: ces bouts de rallye qui ne sont pas chronométrés mais qui peuvent couter cher

Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Un rallye se gagne sur les portions chronométrées mais peut se perdre sur les parcours routiers. Cet adage bien connu des équipages met en lumière toute l’importante de ces passages de liaison entre l’arrivée d’une spéciale et le départ d’une autre.

Comme toutes les courses du genre, le Rallye International du Valais se décompose en plusieurs spéciales. Ces sections sont chronométrées. Les équipages et leurs bolides les affrontent tambour battant. En revanche, une fois que le la ligne d’arrivée de chaque point est franchie, les pilotes ont tendance à relâcher la pression. Pas complètement car la feuille de route est très claire. Entre la fin d’une portion et le début d’une autre, chaque véhicule dispose d’un temps précis pour effectuer la liaison.

« Il y a toujours un moment de stress pour être dans le bon timing. » Jérémy Michellod

Pas question d’affoler les compteurs lors de ces étapes de transition, où les règles de la circulation routière s’imposent et la police veille au grain. « Il y a toujours un moment de stress pour être dans le bon timing, précise le jeune pilote de Sembrancher Jérémy Michellod. Si on doit changer une roue ou deux parce que la météo évolue cela peut nous ralentir. » Le relâchement total arrive en fin de journée, explique son frère Jonathan Michellod. « A la fin d’une spéciale on se dépêche quand même d’aller au prochain point. Si on arrive en avance, c’est à ce moment qu’on prend du temps pour s’apaiser ou pour se concentrer pour la suite. » Les détails comptent lors des parcours routiers et les distractions ne sont pas permises. « On peut perdre son permis de conduire lors de ces portions », ajoute encore Jérémy Michellod.

L’art de la planification

Afin de garantir la sécurité des équipages et des spectateurs mais aussi la fluidité de la course, les journées ont été allégées et les parcours routiers repensés. « Les équipages ont plus de temps pour aller d’une spéciale à l’autre, raconte le directeur du RIV Cédric Borböen. On tient compte des travaux et des horaires où il y a plus de monde sur la route. L’essentiel est que les équipages puissent avoir assez de temps. Ils peuvent ainsi rester zen au départ d’une spéciale. »

« Il faut compter environ une minute par kilomètre lors des parcours routiers pour être assez tranquille. » Sébastien Carron

Une fois en course, les pilotes et les copilotes doivent gérer une multitude de choses, voilà pourquoi la planification en amont est primordiale. « Les organisateurs prévoient assez de temps pour ces passages, raconte Sébastien Carron. Il faut compter environ une minute par kilomètre lors des parcours routiers pour être assez tranquille. »

Confiance dans l’habitacle

La gestion du temps c’est la mission du copilote. Il garde en permanence l’œil sur les temps et sur la feuille de route. Le fait d’être au-delà de la limite à la spéciale suivante peut coûter du temps. « Si on arrive en retard c’est problématique, convient Sébastien Carron.  On peut se retrouver avec 10 secondes de pénalité mais ça arrive rarement. Dans mon cas je me tourne vers mon copilote Lucien Revaz. C’est lui qui fait le calcul pour savoir combien de temps on a pour rejoindre la spéciale suivante. »

Un voyage dans la course

Lors de ces parcours routiers, les pilotes profitent d’évacuer un peu l’adrénaline – ou la frustration – ressentie après avoir terminé une spéciale. Parfois ils se laissent aussi du temps pour admirer le paysage ou établir un contact avec le public. Tout en poésie, Mike Coppens se laisse porter par ces moments hors du temps. « En Valais on passe dans des paysages qui sont hallucinants et c’est lors de ces instants que l’on peut en profiter. C’est magique avec les couleurs automnales. »

« Je me réjouis déjà de retrouver tous ces gens et toutes ces voitures au bord de la route. » Mike Coppens

Le pilote de Verbier apprécie d’autant plus les trajets entre deux spéciales car c’est là aussi qu’il rencontre ses proches ou les fans de rallye. « Je me réjouis déjà de retrouver toutes ces voitures au bord de la route. Ces gens qui seront de nouveau là et à qui je vais dire bonjour. Cela nous met dans l’ambiance et c’est aussi ça qu’on vient chercher dans ce rallye. »

Si Mike Coppens se réjouit de retrouver certaines connaissances, rappelons tout de même que la sécurité prime. Sur les parcours routiers comme sur les spéciales, gare aux sorties de route. La prudence reste de mise.

HDC
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