Les offres culturelles virtuelles fleurissent. Au risque d'atteindre la saturation

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Les salles de concert, de théâtre ou d'exposition continuent à faire vivre leur lieu sur les réseaux sociaux.

Les salles de concert, de théâtre ou d'exposition continuent à faire vivre leur lieu sur les réseaux sociaux. Est-ce que cela a du sens et est-ce qu'il n'y a pas trop d'offre? Deux actrices de la culture valaisanne réagissent.

Les salles de concert et les lieux d'exposition sont vides. Pourtant ces milieux culturels tentent tant bien que mal de continuer à faire vivre leur lieu. Et cela se passe sur les réseaux sociaux. Du côté de la Ferme-Asile on propose par exemple les mercredis une activité créative appelée "la boîte à outils des créatifs confinés", une plage musicale est réservée les samedis et le dimanche: place aux contes pour adultes ou enfants. Une manière de garder le lien avec le public, explique Anne Jean-Richard Largey, directrice du centre artistique et culturel de la Ferme-Asile à Sion.

Consommer de la culture, sans décoller de son canapé

«L’idée n’est pas d’en faire trop, explique Anne Jean-Richard Largey. On conserve cette politique, parce qu’on remarque que les gens croulent un peu sous les propositions culturelles gratuites sur le web. Finalement, on pourrait ne plus jamais décoller de son canapé, et ce serait magnifique, ironise-t-elle. Le but n’est pas d’aller dans la surenchère. Nous ne sommes pas une agence de communication. Et rien ne pourra remplacer l’émotion provoquée par une oeuvre d’art. Peut-être que cette période pourrait nous permettre à toutes et tous, simplement de réduire la voilure.»

A ce propos, la directrice qui vient de prendre la tête de la ferme asile propose de redécouvrir Rudy Decelière, un artiste qui invite à la méditation.

Des chansons calmes pour la salle de bain et plus festives pour le balcon

Le Port Franc a également fait les frais du virus et a reporté tous ses concerts à l'automne prochain. Résultat: la vie virtuelle de la salle qui devait fêter ses cinq ans cette année a lieu notamment sur Spotify. « On a décliné une playlist qui s’appelle Explore ta baraque, explique Virginie Maret, responsable communication du Port Franc. On propose par exemple des chansons plus calmes pour la salle de bain ou plus festives pour le balcon. Nous nous sommes lancés également dans des petites vidéos de présentation de l’équipe pour montrer les personnes qui se trouvent derrière le décor.»

Pour Virginie Maret, l'offre culturelle en ligne est effectivement énorme, quitte à devenir trop importante. Il faut donc se démarquer. Cette solution de rechange ne remplacera pourtant pas le bonheur de se revoir en automne, conclut-elle.

Diana-Alice Ramsauer
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