Les négociations entre psychologues et assureurs sont au point mort

Psychothérapie
Santé
Nathalie Terrettaz
Journaliste RP

Le 1er juillet, les prestations fournies par les psychologues formés en psychothérapie seront prises en charge par l’assurance de base. Pourtant, ils n'ont toujours pas trouvé d'accord avec les assureurs concernant un tarif pour leurs prestations. Les cantons pourraient prendre des mesures.

Les négociations avaient pourtant bien commencé, mais elles semblent aujourd’hui dans une impasse. Et le temps presse. Pour rappel, à partir du 1er juillet les psychologues formés en psychothérapie auront la possibilité d’être remboursés par l’assurance de base. Ces traitements devront cependant être prescrits par un médecin.

Des tarifs trop élevés

Jusqu’ici, pour facturer leurs prestations à l'assurance de base, les psychologues devaient travailler sous la surveillance d'un psychiatre. Dès le 1er juillet, les psychologues formés en psychothérapie pourront être indépendants. Mais avant d'en arriver là, ils doivent encore définir un tarif, en accord avec les assureurs. Et c’est ce qui pose problème. Pour SantéSuisse, les demandes des psychologues ne sont pas réalistes: les tarifs demandés seraient "nettement plus élevés qu'aujourd'hui." Fin mars, la principale faîtière des assurances maladie a donc quitté la table des négociations.

«La pierre d'achoppement, c'est que les demandes des psychologues sont surfaites dans certains domaines.» Christophe Kempf, porte-parole de SantéSuisse

SantéSuisse a ensuite proposé son propre tarif provisoire, envoyé directement aux cantons. «Nous l'avons fait aussi dans l'intérêt des psychologues, afin qu'ils ne se retrouvent pas sans tarifs pour facturer leur travail au 1er juillet», estime Christophe Kaempf, porte-parole de Santésuisse. «Par la suite, nous pourrons rediscuter d'un tarif, mais qui soit convenable, et qui ne génère pas des surcoûts pour l'ensemble des assurés.»

Le prix des troubles psychiques

Ce surcoût est évalué à 170 millions de francs par an par la Fédération suisse des psychologues, pour un budget annuel de l’assurance maladie obligatoire de 30 milliards. «La question est plutôt de savoir combien coûtent, dans notre société, les troubles psychiques non pris en charge», ajoute Anne Guidoux, présidente de l'Association des psychologues du Valais. «On sait que les coûts diminuent si les troubles psychiques sont pris en charge de manière précoce.»

«La question est plutôt de savoir combien coûtent, dans notre société, les troubles psychiques non pris en charge.»Anne Guidoux, présidente de l’Association des psychologues du Valais

«On estime cette économie entre 400 à 600 millions de francs par an: il y a moins d'hospitalisations, moins d'absentéisme au travail, et moins de risques de voir le trouble psychique s'installer de manière chronique. Il serait donc plus intéressant de penser en coût des troubles psychiques, plutôt qu'en coût de la santé», rappelle Anne Guidoux.

Intervention des cantons

Si aucune solution n’est trouvée avec les assureurs, ce sont les cantons qui devront prendre des mesures. Pour Mathias Reynard, conseiller d'Etat en charge de la santé, il est encore beaucoup trop tôt pour dire de quelle façon cela va se passer, ou à quelle échéance cela va arriver.

«Nous avons appris il y a quelques jours seulement, que les négociations coinçaient et que l'élément allait revenir chez nous.» Mathias Reynard, conseiller d'Etat en charge de la santé

«Il n'y a même pas encore eu de discussions entre les cantons, puisque c'était une affaire qui se réglait au niveau fédéral», précise Mathias Reynard. «Nous allons évidemment faire de notre mieux pour trouver une solution équilibrée, si le blocage se confirmait au niveau fédéral.»

NT

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