Les Mondiaux entourés en gras dans son agenda, Aurélien Gay rêve d’un nouveau doublé

Aurélien Gay ©Rhône FM
Ski alpinisme
Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

La saison de ski alpinisme sera lancée ce week-end à Val Thorens. Parmi la forte cohorte valaisanne en lice: le Bagnard Aurélien Gay. Double-champion d’Europe en catégorie U23 l’hiver dernier, il veut réitérer son exploit aux Mondiaux en février.

À l’image des spécialistes de ski de fond qui ont rendez-vous en Finlande, les spécialistes de ski alpinisme lancent leur saison ce week-end. Un sprint et un relais sont au programme des premières épreuves de Coupe du Monde de l’hiver du côté de Val Thorens. Sur les vingt-trois suisses en lice, plus de la moitié (12) sont Valaisans. Parmi eux: le Bagnard Aurélien Gay.

Un mélange d’impatience et d’appréhension

«Comme à chaque début de saison, je me sens très motivé à atteindre les objectifs pour lesquels j’ai bossé durant tout l’été. Je suis impatient d’en découdre», affirme l’athlète du Levron, rencontré quelques heures avant de partir pour la France. Dans son esprit, il le reconnaît aussi, une part de pression se fait sentir. «C’est toujours le cas avant la première course de l’hiver. On ne sait finalement pas trop où on se situe par rapport aux autres. L’appréhension fait partie du lot. Mais je la prends comme quelque chose de positif.»

«Le doublé aux Européens était un objectif, la PdG des émotions incroyables.» Aurélien Gay

À l’heure d’aborder ce nouvel exercice, Aurélien Gay peut s’appuyer sur son vécu de l’hiver dernier. En quelques mois, il a remporté deux titres de champions d’Europe (épreuve verticale et individuelle) en catégorie U23 avant de terminer 5ème de sa toute première Patrouille des Glaciers. «Réussir ce doublé aux Européens était un petit objectif donc c’est super de l’avoir réalisé. Et puis cette PdG, c’était des émotions incroyables…Vivement la prochaine!» À son arrivée à Verbier, après 7h24 d’efforts au départ de Zermatt, le Valaisan n’avait d’ailleurs pas pu contenir ses larmes au moment de passer derrière notre micro. «Lors des championnats d’Europe, c’est la performance qui compte plus que le reste. Les sentiments sont complètement différents à l’arrivée de la Patrouille. Là, c’est vraiment l’aventure humaine qui prime. Le partage avec tes deux partenaires de cordée. Les émotions sont vraiment décuplées sur cette épreuve.»

Service militaire et kilomètre vertical comme préparation

Durant les derniers mois, le Bagnard a encore ajouté une corde à son arc pour se préparer au mieux aux futures échéances qui l’attendent. «J’ai pu effectuer mon service miliaire en tant que soldat du sport à Macolin. Là-bas, on a à disposition toutes les infrastructures nécessaires pour un bon entraînement. On passe notre temps à bosser ce qui nous évite de perdre quoi que ce soit dans notre progression.» Avant chaque début d’exercice, Aurélien Gay a également un rituel bien à lui: il prend part à l’exigeant kilomètre vertical de Fully sur lequel il s’est classé 6ème en 33 minutes le mois dernier. «Même durant les années covid lors desquelles la course avait été annulée, j’ai fait le parcours. C’est un bon test qui me permet de voir où se situe ma forme juste avant de réattaquer sur les skis. Les enseignements sont très positifs cette année.»

«Je vise un podium en senior.» Aurélien Gay

De bonnes dispositions que le Valaisan de 22 ans entend prouver dès ce week-end à Val Thorens. «Ma priorité est de retrouver mes sensations en course. Si la forme est là direct, les résultats suivront.» En parlant de résultats, le Bagnard ne masque pas ses ambitions élevées pour cette nouvelle saison durant laquelle la catégorie U23 n’existera plus en Coupe du Monde. «Je vise un podium en senior. Je n’en suis jamais bien loin et je pense avoir encore franchi un cap avec mon travail de cet été. La catégorie U23 sera présente aux Mondiaux en Espagne en février. Cet événement est entouré en gras dans mon agenda. Après mon doublé aux Européens l’hiver dernier, je vais tout faire pour réitérer cet exploit à l’échelle mondiale.»

Moins de motivation sans épreuve reine aux JO

Impossible d’évoquer les futurs grands événements du monde du ski alpinisme sans parler des Jeux Olympiques de 2026 lors desquels la discipline sera présente pour la première fois de son histoire. Dans une forme définie par le CIO et loin de faire l’unanimité dans le milieu. Seulement deux athlètes par nation, un homme et une femme, et un course sprint. «Franchement, ça nous coupe la motivation de participer à ces JO», soupire Aurélien Gay. «On nous prive d’une épreuve reine, sur longue distance. Les athlètes explosifs seront avantagés dans le processus de sélection par rapport aux plus endurants.»

«Comme on débarque dans ce milieu olympique, je ne sais pas si on a vraiment notre mot à dire.» Aurélien Gay

La raison invoquée est l’attractivité télévisuelle qui serait plus grande devant une course sprint qu’une épreuve qui dure. «J’ai de la peine à comprendre cette justification. Prenez le VTT, ils courent dans un format en boucle qui plait au public. Pourquoi cela n’aurait pas été possible de faire pareil pour nous? Mais bon, comme on débarque dans ce milieu olympique, je ne sais pas si on a vraiment notre mot à dire. Ce qui est clair, c’est qu’en tant qu’athlète, je ne fais pas de ces Jeux un objectif. Il y a suffisamment d’autres jolies courses auxquelles participer.»

Les prochaines épreuves pour Aurélien Gay sont donc prévues ce week-end à l’occasion du lancement de la saison de Coupe du Monde à Val Thorens.

CM
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