Les feux tous au vert pour forer jusqu’à 3000 mètres sous terre dans le Chablais

Dans le chablais, la foreuse est prête  ©rfm
Energie
Christian Hermann
Rédacteur en chef adjoint

Extraire une eau à 110 degrés, à 3000 mètres sous les sols vaudois ou valaisan. A un jet de pierre de St-Maurice, c’est l’objectif du forage de Lavey-les-Bains qui débutera en principe la semaine prochaine.

La foreuse de 90 tonnes est prête. Elle va permettre d’accéder à 2300 mètres sous terre et même à 3000 mètres si nécessaire. Présenté hier au media, le projet va pourvoir démarrer la semaine prochaine, pour autant qu’un solde de matériel en provenance d’Italie puisse être acheminé vers Lavey d’ici là. Car tout est prêt et toutes les conditions sont réunies pour la réussite du projet.
"Le site de Lavey est particulièrement bien adapté à la réalisation d'un tel projet car son sous-sol renferme les eaux les plus chaudes connues en Suisse", a expliqué Philippe Durr, président du conseil d'administration d'Alpine Geothermal Power Production (AGEPP), société issue d'un partenariat public-privé. La plateforme de forage se situe d'ailleurs près d'un des trois puits déjà existants qui alimentent les Bains de Lavey.

18 ans après le premier forage, c’est parti explique Philippe Durr


Le procédé est en place : la foreuse va lentement permettre l’assemblage, une à une, des tiges qui descendront entre 2,3 à 3km sous terre.
 

Un puzzle délicat explique Jean-François Pilet, directeur d’AGEPP


Devisé à 40 millions de francs (avec notamment un soutien à fonds perdus de l’OFEN pour 15,5 millions et de l’Etat de Vaud pour 1,5 million), le projet chablaisien reste une première du genre. A ces profondeurs, il y a bien eu quelques essais déjà tentés, comme à Bâle, lorsque le projet qui reposait sur un forage par fracturation hydraulique a été stoppé en juillet 2006, après avoir provoqué une secousse sismique de 3,4 sur l’échelle de Richter. A St-Gall, en juillet 2013, un séisme de 3,5 sur l’échelle de Richter avait été enregistré après la traverse d’une poche de gaz.
Dans le Chablais, la technique est totalement différente et pas franchement simple.
 

La dextérité du foreur au cœur du processus explique l’hydrogéologue Jean-Marc Lavanchy, adjoint du directeur d’AGEPP

De 15m en 15m, les tiges peuvent descendre jusqu'à 3 km sous terre

Le forage

Les opérations de forage se dérouleront en plusieurs étapes. Le 17 janvier 2022 débute le premier forage vertical de 1000 mètres de profondeur. Après analyse de l’environnement géologique, cette section sera renforcée par des tubes d’acier. Le forage se poursuivra, toujours verticalement, sur 800 mètres. Une nouvelle analyse géologique permettra alors de déterminer l’orientation que devront prendre les sections de forage suivantes. En d’autres termes, il s’agira de savoir s’il est préférable de creuser en direction des Bains de Lavey ou d’Epinassey. Une fois ce choix entériné, le forage se poursuivra de manière oblique selon un angle d’un maximum de 40°, jusqu’à une profondeur de 2500 mètres. Les premiers tests permettront de savoir si, à cette profondeur, il sera possible de capter les volumes d’eau et les quantités de chaleur attendues. Si c’est le cas, les opérations de forage s’arrêteront là. Sinon, elles se poursuivront jusqu’à une profondeur de 3000 mètres. Une fois le débit et la température de l’eau validés commenceront les études en vue de la réalisation de la centrale ORC et la construction de celle-ci, ce qui devrait prendre un an. La mise en service de l’outil de production pourrait démarrer, au plus tôt, dans la deuxième moitié de 2023.
 
CH
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