Les exercices russes au Bélarus sont "une réelle menace" pour Kiev

L'Ukraine se dit prête à un conflit avec la Russie pour éviter une invasion du territoire de son pays (archives). ©KEYSTONE/AP/Alexei Alexandrov
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Keystone-ATS
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Les exercices russes au Bélarus constituent "une réelle menace" pour l'Ukraine. L'ambassadrice ukrainienne à l'ONU à Genève Yevgenyia Filipenko a appelé jeudi Moscou à montrer qu'elle ne veut pas de conflit "par des actions concrètes".

La présence russe et les exercices militaires recourent à des armements lourds, a-t-elle estimé devant les correspondants accrédités auprès de l'ONU à Genève (ACANU). Elle dénonce des "pressions" pour accepter les revendications russes. "Il reste à voir si les Russes honoreront leur promesse" de retirer du Bélarus leurs troupes et matériel participant aux exercices dans une dizaine de jours.

Plus largement, la situation "est plutôt tendue mais sous contrôle", affirme Mme Filipenko. "Nous ne voyons pas d'intention russe" de retirer ses troupes de la frontière orientale de l'Ukraine, dit également l'ambassadrice.

"Si les Russes sont sérieux", ils doivent oeuvrer concrètement à un apaisement de la situation. De son côté, l'Ukraine s'estime "mieux préparée" à une guerre pour éviter une invasion territoriale par les forces russes et "une agression" non seulement contre ce pays, mais encore contre la sécurité européenne.

Pour Kiev, les revendications sont claires. Aucune concession ne sera faite sur l'intégrité territoriale du pays, aucun dialogue direct ne sera mené avec les séparatistes russes dans le Donbass et seuls les Ukrainiens peuvent décider de leur politique étrangère.

Tension observée à Genève

La Russie a massé plus de 120'000 soldats près de la frontière orientale de l'Ukraine. Elle demande des garanties que l'Ukraine ne rejoindra jamais l'OTAN et le retrait des troupes de l'Alliance de son voisinage. "Nous poursuivrons nos efforts" pour devenir membre, a répondu l'ambassadrice.

Selon Mme Filipenko, les accords de Minsk constituent un point de départ pour une désescalade, mais l'Ukraine ne les appliquera pas "selon les termes russes". Il faut aboutir à un cessez-le-feu durable et inconditionnel dans le Donbass, selon l'ambassadrice. Elle estime que Moscou n'a pas montré de réelle volonté d'avancer dans les discussions avec la France, l'Allemagne et l'Ukraine.

L'Ukraine reste prête à soutenir tous les formats "qui pourraient aboutir à une désescalade". Le dialogue se poursuit notamment dans le cadre de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), outre ce mécanisme à quatre. Il faut seulement que l'Ukraine soit associée aux discussions, insiste encore l'ambassadrice.

Selon Mme Filipenko, la Genève internationale a également un mandat dans cette affaire, des agences humanitaires au Conseil des droits de l'homme. Sans qu'un lien puisse être établi, une importante réunion sur l'armement dans l'espace, prévue lundi prochain, a été reportée à mai prochain à la demande de la Russie. De vives déclarations ont aussi été lancées par Moscou, Washington et Kiev à la Conférence du désarmement (CD) à Genève.

ATS
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