Les députés croisent le fer sur l'initiative pour les glaciers

Le National a commencé les débats sur l'initiative pour les glaciers (archives). ©KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE
Climat
Keystone-ATS
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La question climatique a fait son retour mercredi sous la Coupole. Le National a entamé des débats animés sur l'initiative pour les glaciers et le contre-projet direct du Conseil fédéral.

Initiative et contre-projet ont le même but. Ils exigent que la Suisse atteigne la neutralité carbone d'ici 2050. Les chemins pour y parvenir divergent toutefois. Les initiants estiment indispensable d'interdire les carburants ou combustibles fossiles (huile, gaz, essence ou diesel). Des exceptions seraient envisagées s'il n'existe pas d’alternatives. Le Conseil fédéral plaide lui pour une utilisation aussi réduite que possible.

Contre-projet direct affaibli

Les premiers débats ont donné lieu à de vifs échanges entre les orateurs des différents groupes politiques. La gauche et les Vert'libéraux ont plaidé pour l'initiative. "Le réchauffement climatique augmente les épisodes climatiques extrêmes" partout dans le monde, a rappelé Baptiste Hurni (PS/NE). En Suisse, la fonte des glaciers s'accélère. La neige se fait rare. Les coulées de boue, les inondations et les sécheresses se multiplient.

"Le dérèglement climatique, dû aux activités humaines, se poursuivra si nous n'agissons pas rapidement", a complété Christophe Clivaz (Verts/VS). "Les combustibles fossiles sont une impasse pour la planète." Il faut les interdire. Le contre-projet direct est trop faible. Et la commission l'a encore affaibli, en supprimant la réduction linéaire des émissions de gaz à effet de serre.

La meilleure solution, aux yeux des écologistes, serait un contre-projet indirect, en cours d'élaboration en commission. Il permettrait d'accélérer le processus législatif, en passant directement à l'élaboration d'une loi concrète. Un contre-projet direct ou une initiative impliquent une modification de la Constitution, une votation populaire nécessitant la double majorité du peuple et des cantons, et seulement après l'élaboration d'une loi.

Contre-projet indirect attendu

Problème: le contre-projet indirect n'est pas encore prêt. Outre l'initiative, les socialistes et les Vert'libéraux prônent donc aussi l'acceptation du contre-projet direct du Conseil fédéral.

C'est aussi la voie privilégiée par la majorité du PLR et du Centre. "Continuer comme maintenant n'est pas une option", a souligné Andri Silberschmidt (PLR/ZH). Le Zurichois estime cependant qu'il ne faut pas agir contre l'économie, mais avec elle. Et de plaider pour l'innovation technique et contre les interdictions, telles que celles demandées dans l'initiative pour un climat sain.

L'initiative va trop loin, a également jugé Christine Bulliard-Marbach (Centre/FR). "Nous sommes convaincus qu'il est possible de sortir du gaz ou du pétrole d'ici 2050. Mais nous ne sommes pas sûrs d'y parvenir. Il y a encore trop d'inconnues." La voie de la prudence doit être préférée.

Réduction régulière proposée

En attendant le contre-projet indirect, plusieurs minorités et propositions individuelles ont été déposées pour améliorer le contre-projet direct et le rendre plus compatible avec les revendications des initiants. Marco Romano (Centre/TI) suggère d'introduire des objectifs intermédiaires, conduisant à une réduction régulière des émissions de CO2. Soutenue par la gauche et le camp bourgeois, la proposition a toutes ses chances.

Les socialistes plaident quant à eux pour mieux aider les régions montagnardes et périphériques dans leur transition. Le remplacement de chauffages à gaz, à mazout et à résistance électrique devrait aussi être soutenu à hauteur de 500 millions de francs par an.

Les Verts poussent de leur côté pour réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici à 2040 déjà. L'objectif contraignant de 2050 devrait également être maintenu. Ces propositions de gauche ont elles beaucoup moins de chances d'aboutir.

Utopie critiquée

L'UDC est apparue quelque peu isolée sur le dossier. Elle rejette aussi bien l'initiative, comme les partis bourgeois, que le contre-projet direct, à l'image des Verts. Mais pour des raisons différentes. Les exigences des deux textes sont "utopiques" et "exagérées", a dénoncé Pierre-André Page (UDC/FR). L'échéance de 2050 est vraiment proche. De plus, l'inscription de mesures dans la Constitution ne garantit pas leur succès.

Aucune décision n'a encore été prise. Les discussions reprendront jeudi dès 08h00.

ATS
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