Les cyberattaques au coeur d'une conférence à Sion

Didier Morard
Journaliste

Une entreprise sur trois a déjà subi une attaque sur internet. Pour rappeler les dangers, les dispositifs de protection et les recommandations en matière de cyberhygiène, une conférence était organisée mercredi soir à Sion.

Les cyberattaques prennent l'ascenseur en Suisse. En une année, le nombre de piratage a doublé dans notre pays, selon le Centre national de cybersécurité. Communes, particuliers et entreprises : personne n'est à l'abri d'une attaque sur internet. Pour sensibiliser les entrepreneurs et les privés aux cyberattaques, une conférence était organisée mercredi soir à Sion par la Fondation Inartis, dans le cadre de District 14. " Le phénomène est large et complexe car il implique de nombreux acteurs", indique Benoît Dubuis, président de la Fondation Inartis.

Autre raison évoquée pour expliquer le doublement des cyberattaques en Suisse : l'instauration du télétravail pour contrer les infections au Covid-19. " Aujourd'hui, nous avons des personnes qui vont traiter d'affaires professionnelles mais dans un cadre privé et avec un niveau de sécurité bien moins important", déplore Benoît Dubuis. Présent mercredi soir à Sion, Gérald Vernez, ancien délégué cyberdéfense auprès du Département fédéral de la Défense abonde dans ce sens.

"La perte économique liée aux cyberattaques représente neuf fois le budget de l'armée en Suisse."Gérald Vernez, ancien délégué cyberdéfense auprès du Département fédéral de la Défense

Selon Gérald Vernez, tant les entreprises que les collectivités publiques font preuve d'impréparation en matière de cybersécurité : " selon l'association allemande des professionnels de l'information et des télécommunications, les cyberattaques auraient coûté à l'économie allemande plus de 220 milliards d'euros l'an dernier, soit 6,6% du PIB."

La Confédération s'en lave les mains

L'objectif de la soirée de mercredi était de donner aux entrepreneurs les outils pour éviter les piratages. Car force est de constater que ce sont bien eux qui doivent tout mettre en œuvre pour se prémunir contre les attaques, et non la Confédération.

"Ce n'est pas le job de la Confédération d'aider tout le monde."Gérald Vernez

Gérald Vernez appelle tout de même Berne à donner les outils aux entrepreneurs pour éviter les piratages. Il regrette que trop souvent les informations ne parviennent pas jusqu'aux aux entreprises.

L'e-Banking sûr ?

Parmi les cibles des hackeurs : l'e-Banking. Selon Yann Fillettaz, responsable digital banking et customers à la Banque cantonale du Valais, les institutions bancaires sont suffisamment protégées. Selon lui, ce sont les utilisateurs qui doivent adopter les bons comportements. Il est recommandé d'utiliser un mot de passe complexe, de mettre à jour les anti-virus et de déconnecter sa session après utilisation.

"Partout où il y a de l'argent à prendre, il y a une menace."Yann Fillettaz, responsable digital banking et customers à la Banque cantonale du Valais

En cas de piratage de son e-Banking, Yann Fillettaz de la BCVs conseille aux victimes d'informer immédiatement leur banque et de porter plainte auprès de la police.

DM
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