Les candidats jettent leurs dernières forces avant le premier tour

Les candidats cherchent à mobiliser leurs partisans et rallier les indécis. ©KEYSTONE/EPA/Guillaume Horcajuelo
Présidentiell..
Keystone-ATS
Keystone-ATS

Les douze candidats à la présidentielle française jetaient jeudi leurs dernières forces dans la bataille pour convaincre les électeurs avant le premier tour dimanche. L'écart s'est resserré entre les deux favoris, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Deux grands défis s'imposent avant la fin officielle, vendredi à minuit, de cette première partie de campagne: mobiliser leurs partisans, alors que l'abstention pourrait flirter ou dépasser le record de 2002 (28,4%), et aller chercher les indécis - un tiers des personnes certaines d'aller voter. Pour y parvenir, ils se démultiplient dans les réunions publiques ou dans les médias.

D'après les différents sondages, les deux candidats qui devraient se hisser au second tour sont le président sortant et sa rivale d'extrême droite, qui a mené une campagne de terrain, sans grand-messe électorale, axée sur le pouvoir d'achat, principale préoccupation des Français.

La dynamique de Le Pen

L'écart entre ces deux candidats au second tour dans les sondages va en se réduisant. "On voit la dynamique de Marine Le Pen, il faudra mettre le turbo au 2e tour", a reconnu à l'AFP un conseiller de la campagne Macron. Actuellement, l'objectif est "de conforter notre avance, éviter qu'elle (Marine Le Pen) soit devant au premier tour", a renchéri un membre de la majorité présidentielle.

Le chef de l'Etat est entré en campagne tardivement. Son objectif est de ne pas trop s'impliquer dans la bagarre du premier tour pour se concentrer sur le second. Il prend garde à ne pas avoir de débats directs avec les autres candidats, ce qui a fait dire jeudi au communiste Fabien Roussel que la campagne était "sous morphine" et que le refus de débattre du président était "grave".

"Elle est prête"

Marine Le Pen tenait elle jeudi soir un meeting à Perpignan (sud), une ville acquise à son parti. "Pour changer de politique, il faut changer les politiques !", a-t-elle lancé en "conjurant" avec "solennité" les électeurs à se rendre aux urnes.

Selon un sondage Rolling Ifop Fiducial publié jeudi soir, M. Macron ne l'emporterait qu'avec 52% contre 48% pour Marine Le Pen au second tour, l'écart le plus faible depuis le 10 janvier pour cet institut, qui se situe dans la marge d'erreur.

Depuis plusieurs années, Marine Le Pen polit l'image autrefois abrasive de son parti et profite de son choix de faire campagne sur le pouvoir d'achat. "Elle a mûri, rien à voir avec son papa", a déclaré à l'AFP Alain, un retraité de Perpignan. "Elle est prête", jugeait au meeting Brent van Pelt, un agent immobilier de 23 ans.

"Son énergie me plaît" déclarait Carole David, une retraitée. "Elle est plus modérée (...) sereine", fait elle valoir, ajoutant que le plus important pour elle était "le pouvoir d'achat".

Pouvoir d'achat

C'est en effet le principal enjeu pour les électeurs, selon différentes études. La guerre en Ukraine elle "n'a pas véritablement le même statut que les questions de pouvoir d'achat, d'environnement, et même les questions d'immigration et de sécurité", a souligné Martial Foucault, directeur du Cevipof.

"Le vote est un moment où on révèle un certain nombre de crispations, de mécontentements. La colère peut se manifester dans le vote ou dans le non-vote, en privilégiant les formes d'abstention", a-t-il expliqué.

Sur le pouvoir d'achat, le président-candidat a promis mercredi soir d'indexer les retraites sur l'inflation "dès cet été", sans attendre l'indexation annuelle en janvier, tout en réaffirmant qu'il faudrait mener la réforme des retraites "à l'automne".

Derrière les deux favoris, Jean-Luc Mélenchon est aussi en progression régulière dans les sondages, sans pour autant parvenir à accrocher la deuxième place. Le candidat de la gauche radicale met toutefois les bouchées doubles. Son parti, La France insoumise (LFI), multiplie les réunions publiques, au moins une dans chaque département.

Au final, "on a une configuration qui est extrêmement difficile à analyser" estime M. Foucault. Selon lui, "la marche est très très haute entre les candidats" qui occupent les trois premières places d'après les sondages. Celui de Cevipof donne M. Macron à 26,5%, Mme Le Pen à 21,5% et M. Mélenchon à 16%.

ATS
Catégories
Les articles les plus lus