Les arbres abandonnés s'amoncellent dans les forêts valaisannes

forêt
Sylviculture
Fabrice Germanier
Directeur de la rédaction

Les forestiers-bûcherons valaisans ont le blues. Un tiers des arbres abattus l'an dernier est resté en forêt. C'est énorme. La faute à un marché toujours déprimé.

En Valais, les bûcherons n'abattent plus les arbres. Ils les basculent. Cela signifie qu'ils les font tomber pour rajeunir la forêt puis les abandonnent sur place.

C'est le constat, amer, de l'association forestière valaisanne. L'an passé, un tiers du bois abattu est ainsi resté en forêt. Cela représente 50 mille mètres cubes.

Certes, une partie de ce bois doit rester sur place. Certains arbres sont mis en travers pour des motifs sécuritaires comme la protection des routes. D'autres pourrissent au sol pour favoriser la biodiversité, les pics et coléoptères, par exemple. Mais que le tiers des abattages ne soit pas valorisé, c'est énorme, se désole Christina Giesch, directrice de Forêt Valais.

Le problème vient du marché, qui demeure déprimé, et de la topographie du canton. En Valais, souvent, le coût pour sortir les arbres dépasse le prix de vente moyen qui tourne aux alentours de 60 francs le m3. Seul espoir : le marché. C'est-à-dire espérer que les prix remontent à leur niveau d'il y a dix ans.

Le canton, encore une fois jugé pingre

L'association Forêt Valais va également se battre dès la semaine prochaine, par députés interposés, dans le cadre du budget 2022 de l'Etat du Valais. Elle demande qu'un million 700 mille francs supplémentaires soit consacré à l'entretien des forêts protectrices. Cela permettra d'intervenir sur 2000 hectares plutôt que 1600, un minimum à ses yeux. Actuellement, la contrepartie cantonale aux subventions fédérales fait défaut pour ces 400 hectares de plus.

FG
Thèmes liés à l'article
Forêtbois
Catégories