Les actionnaires de Credit Suisse refusent la décharge pour 2020

Mécontents des débâcles financières subies par Credit Suisse, les actionnaires de la banque ont refusé une nouvelle fois de donner décharge au conseil d'administration et à la direction pour l'exercice 2020. ©KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER
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Keystone-ATS
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Réunis vendredi en assemblée générale, les actionnaires de Credit Suisse ont refusé de donner décharge au conseil d'administration et à la direction pour l'exercice 2020. Celle-ci a été refusée à 59,95% des suffrages exprimés.

La décharge avait été exclue de l'assemblée générale de l'an dernier en raison de la débâcle du fonds spéculatif Archegos et des fonds de financement exploités avec la société Greensill Capital en faillite. Cette année encore, l'assemblée générale n'a pas été prête à accorder la décharge, bien que cette fois, le dossier Greensill ait été exclu.

Axel Lehmann, président du conseil d'administration de la banque aux deux voiles, a pris acte "avec regret" du refus de donner décharge. Le conseil d'administration va maintenant discuter de la suite à donner à cette affaire, a-t-il ajouté.

Les actionnaires ont en revanche approuvé la proposition de décharge pour 2021 avec un pourcentage de 77,5% de voix favorables. Les thèmes liés aux fonds Greensill ont toutefois été explicitement exclus de la décharge pour 2021 également.

Pas d'enquête spéciale

Il n'y aura cependant pas d'enquête spéciale sur l'affaire Greensill, ni sur les révélations des médias autour de "Swiss Leaks". Les actionnaires ont refusé une demande en ce sens de la fondation Ethos.

Le promoteur de l'investissement socialement responsable et sept caisses de pension suisses avaient déploré que la banque aux deux voiles ne veuille pas publier les résultats de l'enquête interne sur les manquements dans l'affaire Greensill. Les actionnaires ont le droit d'être informés des conclusions de cette enquête et des mesures prises pour éviter la répétition d'une débâcle similaire, avait argumenté Ethos.

Le conseil d'administration proposait le rejet de la demande d'Ethos, car cela aurait causé des frais élevés et un surcroit de travail pour la direction. La banque a répondu "de bonne foi" à toutes les demandes d'Ethos, a souligné Axel Lehmann. Ethos de son côté a jugé les réponses insuffisantes.

Axel Lehmann à la présidence

Les actionnaires ont par ailleurs entériné à une large majorité l'élection d'Axel Lehmann au poste de président du conseil d'administration. Ce dernier assumait déjà cette charge depuis le départ inopiné de son prédécesseur António Horta-Osório, quelques mois seulement après son arrivée dans l'organe de surveillance du numéro deux bancaire helvétique en octobre dernier.

La candidature de l'ancien dirigeant d'UBS a été approuvée par 95,3% des suffrages. Le vice-président Severin Schwan - accessoirement patron du géant pharmaceutique Roche - ainsi que le président du comité de rémunération Kai Nargolwala et Juan Colombas, un proche de Horta-Osório, n'étaient pas candidats à leur réélection. La vice-présidence est échue à Christian Gellerstad, un ancien de Pictet.

Le prédécesseur d'Axel Lehmann, António Horta-Osório, avait démissionné en janvier, neuf mois à peine après sa prise de fonction, suite à des manquements répétés en matière de respect des règles de quarantaine, en Suisse et au Royaume-Uni. Ce départ précipité avait fait grand bruit, après les multiples plaidoyers du Portugais pour une nouvelle culture de la gestion du risque et la responsabilité individuelle.

ATS
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