Les acteurs touristiques valaisans réfutent: l'hiver n'a pas été gâché par le manque de neige

Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Le manque de neige de ce début d’année faisait craindre une saison hivernale compliquée pour le tourisme. Le bilan à mi-parcours est pourtant très positif. Hébergeurs, observateurs et profs de ski ont le sourire. 

Les acteurs touristiques se montrent très satisfaits de cette première moitié de saison. Toutes les personnes interrogées le disent : certes, la neige a manqué dans les stations de basse et moyenne montagne. Mais rien ne sert d’être pessimiste, le tourisme valaisan va bien, les chiffres le montrent.

Sur les pistes, les profs de l‘École suisse de ski ont effectivement le sourire. «On a eu une fréquentation quasi identique aux autres saisons», affirme Jean-Edouard Fragnière, membre du comité de direction de l’école de Veysonnaz. Selon lui, le dynamisme sur le domaine a été un peu péjoré par la météo, il cite surtout le manque de soleil, mais sur les pistes, l’enneigement, lui, était correct. «C’est sûr, la fondue est toujours meilleure lorsqu’il y a de la poudreuse et du soleil, admet-il. Il y avait un peu moins d’euphorie cette année.»

«C’est sûr, la fondue est toujours meilleure lorsqu’il y a de la poudreuse et du soleil.»

Jean-Edouard Fragnière, membre du comité de direction de l’Ecole suisse de ski de Veysonnaz

Vers un record de cours de ski à Verbier

Moins d’enthousiasme peut-être, mais sur le domaine de Verbier, on s’achemine pourtant vers une saison record. «Cette première partie de saison nous a vraiment surpris positivement , se réjouit Philippe May, directeur de l’école suisse de ski de Verbier. «Cette année, après les fêtes, nous sommes en progression d’environ 5% par rapport à 2020-2021 qui était déjà considéré comme historiquement bon».

«Cette année, après les fêtes, nous sommes en progression d’environ 5% par rapport à 2020-2021, considéré comme une saison record.»

Philippe May, directeur de l'Ecole suisse de ski de Verbier

Pour le directeur de l’école de ski régionale, des stations comme celle de la vallée de Bagnes ont évidemment profité des mauvaises conditions de neiges sur les domaines de basses altitudes, surtout dans le Chablais ou dans les Alpes vaudoises.

Reste que cette situation ne le réjouit pas : «Oui, nous avons profité du report des skieurs qui cherchaient la neige. À court terme, cela peut avoir un effet positif, réagit Philippe May. Mais à moyen terme, c’est un danger pour le développement du sport. Les stations de basse altitude sont extrêmement importantes. Elles sont à proximité des lieux de vies. Et ce sont elles qui créent des skieurs. »

Une fréquentation des stations en hausse

Au niveau de l’hébergement, la fréquentation dans les stations est meilleure que l’année dernière, selon l’Observatoire valaisan du tourisme. Grâce à un nouveau système de traçage anonymisé permettant d’enregistrer le nombre de cartes SIM présentes sur un territoire donné, l’organisation a dénombré une augmentation de fréquentation d’en tous cas 5 à 6% en moyennes par rapport à l’année dernière. 

Si la location de chalets et d’appartements est en légère baisse, l’occupation des résidences secondaires et le nombre de visiteurs à la journée compensent l’écart. «Nous avons observé une diminution d’environ 12% du secteur de la parahôtellerie marchande par rapport à l’année dernière et à la moyenne des trois années précovid, explique Nicolas Délétroz. Par contre, effectivement, l’outil Mobility Insight, montre une augmentation significative du flux global, confirmée par les différents prestataires interrogés. Nous concluons donc que cette différence de fréquentation touristique est à mettre, en bonne partie, au crédit d’une occupation des résidences secondaires importante.»

Des espoirs pour les «vacances de neige»

Beat Eggel, directeur de l’association hôtelière du Valais, ajoute par ailleurs que le début d’année était plutôt satisfaisant du côté des établissements valaisans. «Notre bilan à mi-saison est positif, voire très positif, dit-il. On s’approche gentiment des chiffres que nous connaissions avant la pandémie.»

Moins dépendante de la météo, la période des fêtes aura donc répondu aux attentes. Reste que pour cette deuxième partie de saison, le facteur « neige » sera décisif. «Ce n’est pas pour rien que les vacances de février s’appellent les *vacances de neige, sourit Beat Eggel. Selon les sondages que nous avons mené auprès de nos membres, le taux de réservation pour la suite est plutôt bon. Mais le phénomène de la réservation de dernière minute est de plus en plus présent. Et là, c’est la météo qui fait la différence.»

Chez les profs de ski, à Verbier, on est assez confiant pour la suite : «A l’image de ce début de saison, nous sommes en avance sur le nombre de réservations,» affirme Philippe May. «Pour l’instant, janvier a très bien commencé, avec un super enneigement, conclut Jean-Edouard Fragnière. On ne peut qu’espérer que cela continue en février.»
 

dar
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