Législatives: LFI ouvre des tractations historiques avec le PS

Après sa troisième place à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, de La France Insoumise, a affiché son ambition de devenir Premier ministre, si son parti gagne aux législatives de juin. ©KEYSTONE/EPA/MOHAMMED BADRA
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Keystone-ATS
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"Pas de points insurmontables": les tractations historiques entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste ont démarré mercredi par une rencontre "positive" selon les protagonistes. En revanche, des tensions persistent entre insoumis et écologistes.

"On n'avait pas l'impression de discuter avec le même PS qu'il y a deux, trois ans", a rapporté à la presse le négociateur en chef de LFI Manuel Bompard. Ce dernier a par ailleurs entamé d'autres discussions bilatérales depuis plus d'une semaine avec le parti écologiste EELV, le parti communiste PCF et le parti anticapitaliste NPA.

LFI affiche son ambition d'obtenir la fonction de Premier ministre pour Jean-Luc Mélenchon par une victoire aux législatives des 12 et 19 juin, après sa solide troisième place à la présidentielle (21,95%).

Manuel Bompard a estimé qu'il n'y avait "pas de point de discussion qui paraissait insurmontable" avec le PS, après des années de fracture profonde alimentées par une campagne présidentielle offensive d'Anne Hidalgo à l'encontre de M. Mélenchon.

"Il y a clairement une volonté d'afficher une rupture avec le PS de François Hollande, ils n'avaient pas de difficulté à s'engager sur l'abrogation de la loi El Khomri, sur la VIe République, le blocage des prix, qui sont pour nous des marqueurs importants", s'est réjoui l'eurodéputé LFI.

"Discussion constructive"

Le porte-parole du PS Pierre Jouvet a pour sa part déclaré avoir "eu une discussion constructive qui nous a permis d'avancer sur certains points, il n'y a pas entre nous de point de blocage insurmontable" en vue d'un accord. Les deux formations vont "continuer à discuter dans les heures qui suivent", a-t-il précisé.

"On attend maintenant de la part du PS une déclaration publique qui permet d'acter ces points de convergence. On verra si, dans ces prochains jours, elle a lieu et dans ce cas on pourra continuer à discuter", a prévenu Manuel Bompard.

Envisager un accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon est un tournant majeur pour les socialistes. Sous la contrainte car avec 1,7% des voix à la présidentielle, le PS est menacé de disparition.

Depuis le vote par son Conseil national, il y a huit jours, d'une volonté de discuter avec LFI pour les législatives des 12 et 19 juin, le PS est en proie à des tensions. Mardi soir, le Premier secrétaire Olivier Faure, critiqué lors d'un bureau national par le courant minoritaire du parti, a invité ceux qui pensent "qu'il n'y a plus rien à faire" à partir.

Parmi ceux qui s'opposent à ce rapprochement, la cheffe de ce courant Hélène Geoffroy, le maire du Mans Stéphane Le Foll ou encore l'ancien premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

"Ça coince un peu"

Ce sont d'autres types de tension qui ralentissent les discussions entre LFI et EELV depuis le début de semaine. Le chef des Verts Julien Bayou souligne: "La tâche n'est pas aisée: nous cherchons à faire en quelques semaines ce que nous n'avons pas pu ou pas voulu construire en cinq ans. Forcément, ça coince un peu".

En cause, la nature du partenariat: Union populaire dans la continuité de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, ou "coalition" demandée par les écologistes? La députée LFI Clémentine Autain a parlé de "fédération" pour les rassurer. La relation à l'Europe est aussi une pomme de discorde.

LFI a regretté, mercredi dans un communiqué, que "depuis 48 heures, plusieurs dirigeants d'EELV sont revenus publiquement sur les engagements programmatiques importants" déjà pris dans les négociations: retraite à 60 ans, blocage des prix du carburant et application du principe de désobéissance en Europe "quand cela est indispensable pour appliquer notre programme".

Manuel Bompard a en particulier mis en cause "ce qu'a dit Yannick Jadot" mardi sur France inter. L'ex-candidat écolo avait estimé qu'un accord derrière Jean-Luc Mélenchon en chef "ne marcherait pas", et s'est opposé à la "désobéissance civile aux traités de l'UE".

Le membre de l'aile gauche Alain Coulombel, qui a été souvent critique de l'attitude de la direction, a rapporté à l'AFP que le parti était uni pour juger que "les conditions actuelles ne sont pas satisfaisantes", par exemple sur la répartition des circonscriptions gagnables.

ATS
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