Le sexting, ou envoi de photos à caractère sexuel, est punissable par la loi

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Prévention
Nathalie Terrettaz
Journaliste RP

Phénomène de mode: le sexting, aussi appelé "nudes" par les jeunes, prend de l’ampleur en Valais. Que doit faire un parent lorsqu’il découvre, sur le smartphone de son ado, une photo de celui-ci nu ? La Police cantonale rappelle que cette pratique est considérée comme de la pornographie.

Aujourd’hui, les amours d’adolescents se vivent souvent de manière virtuelle. Et l’échange de sextos ou nudes, soit des photos à caractère sexuel, est devenu monnaie courante. Cette pratique consiste à se photographier nu et/ou à filmer ses pratiques sexuelles, pour ensuite les envoyer à son partenaire ou à des amis. Nous vous en parlions ici.

Interdit par la loi

Malheureusement, dans de nombreux cas, ces supports transmis avec confiance se retrouvent partagés sur les messageries et les réseaux sociaux. Ces contenus pédopornographiques seront alors accessibles à tous et circuleront à jamais sur la toile, rappelle la police dans un communiqué.

La Police cantonale rappelle également quelques règles.

- En Suisse, la majorité pénale est atteinte à 10 ans. Cela veut dire qu’un enfant de 10 ans et plus, qui commet une infraction au Code pénal, peut se retrouver devant le Juge des mineurs.

- La pornographie, qu’elle soit représentée sous forme d’image, de vidéo, par des écrits et même par des enregistrements sonores, est interdite aux enfants de moins 16 ans (Article 197 du Code pénal).

- Fabriquer des sextos/nudes en étant mineur est interdit par la loi. En faisant cela, les jeunes créent de la pédopornographie (pornographie en lien avec les mineurs). Hormis la fabrication, il est également interdit de la rendre accessible, de la visionner, de la télécharger, de la diffuser et de la détenir.

Dans de tels cas, les auteurs seront poursuivis d’office par la justice.

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Cela n'arrive pas qu'aux autres !

Le phénomène est malheureusement bien présent en Valais. Il n’est pas rare que la Police cantonale reçoive des signalements d’institutions pour des photos et/ou des vidéos à caractère pédopornographique, qui tournent sur les smartphones de jeunes écoliers.
«La facilité d’accessibilité à toutes sortes de pornographies par le biais d’internet et des téléphones portables mène les jeunes à une sorte de banalisation de la pornographie», déplore la police.
Dès lors, d’autres phénomènes liés à cette problématique sont apparus. La Police cantonale cite deux exemples d’affaires qui ont été traitées par ses services cette année. «Une fillette de 5 ans a eu accès au téléphone mobile de son grand frère. Elle s’est dès lors filmée sous la douche et a publié la vidéo sur le réseau TikTok, ouvert à tous. L'autre exemple concerne deux camarades de classe âgés de 8 et 9 ans, qui ont contraint des élèves du même âge à des actes d'ordre sexuels en utilisant des objets.»

Que faire ?

En tant que parents ou représentants légaux, la police rappelle qu'il est avant tout important de s'informer sur ce que les jeunes font sur leur téléphone portable. «Intéressez-vous à ce qu’ils font sur les réseaux sociaux et pourquoi ils aiment y passer du temps. Même si vous n’avez pas toujours leur savoir-faire sur ces supports, n’oubliez pas que c’est vous qui devez leur transmettre le savoir-être. Et surtout ne perdez pas le lien avec votre jeune: selon son âge, sensibilisez-le aux différentes pornographies auxquelles il pourrait être confronté. Enfin, s'il vous arrive d'être exposé à du matériel pornographique illégal, mieux vaut tout de suite en référer à la police.»

L’unité prévention de la Police cantonale, ainsi que ses inspecteurs de la section mineurs et mœurs , se tiennent à votre disposition et vous conseilleront, indique enfin la police.

NT/c
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