Le PDC propose de dépolitiser la justice valaisanne

Le palais de justice de Sion qui abrite le Tribunal cantonal. ©Keystone-ats
Justice
Didier Morard
Journaliste

Le PDC souhaite dépolitiser la justice valaisanne. Les trois groupes démocrates-chrétiens au Grand Conseil ont déposé plusieurs motions et postulats en ce sens. Ils seront traités lors de la session de décembre du Parlement cantonal.

La justice valaisanne occupera une place de choix à la session de décembre du Grand Conseil. Pas moins de quatre interventions parlementaires sur ce sujet – trois motions et un postulat – seront débattues au Parlement cantonal. Les textes émanent des trois groupes PDC au Grand Conseil. Parmi les propositions : celle phare sur la dépolitisation de la justice valaisanne. Actuellement, l'organisation de la justice exige que les langues, les régions et les forces politiques soient équitablement représentées au sein des autorités judiciaires cantonales et du Ministère public (MP). L'une des motions du PDC souhaite abolir ces références. "On estime que c'est regrettable qu'un candidat soit écarté parce qu'il n'est pas de la bonne force politique alors qu'il dispose des compétences nécessaires pour exercer la fonction", estime Vincent Roten, chef du groupe PDC du Valais romand (PDCVr) au Grand Conseil.

Vincent Roten sur la dépolitisation de la justice

Vincent Roten ne se voile pas la face. Le Saviésan sait bien que les appartenances politiques ne vont pas disparaître pour autant : " L'analyse politique restera mais elle ne sera plus contraignante, ni inscrite dans la loi."

Changement au Conseil de la magistrature

Parmi les autres propositions du PDC : le remaniement du Conseil de la magistrature – l'organe de contrôle des autorités judiciaires. Le texte propose que le membre du Bureau du Ministère public soit désigné par ses paires. Une disposition qui est déjà en vigueur pour les autres membres du Conseil de la magistrature, à savoir le Conseil de l'ordre des avocats valaisans et la Commission administrative du Tribunal cantonal.

"Le procureur général doit trop souvent se récuser quand il siège au Conseil de la magistrature."Vincent Roten, chef du groupe PDCVr au Grand Conseil

Le changement de loi permettra ainsi au Bureau du Ministère public de désigner lui-même son représentant en fonction des dossiers traités par le Conseil de la magistrature.

Le Ministère public pris pour cible

Sur les quatre interventions parlementaires, trois visent le Ministère public. Si le MP est aussi concerné par la dépolitisation de son organe en cas de vote favorable au Grand Conseil, il pourrait aussi se voir attribuer un secrétariat général à l'instar de celui des tribunaux. Objectif : décharger au maximum le procureur général des tâches administratives.

Vincent Roten sur les tâches du Ministère public

Outre la création de ce secrétariat général, le Ministère public pourrait connaître un profond remaniement dans son organisation. Un postulat demande à l'Etat de poursuivre une réflexion sur la fonction et les tâches du procureur général et de son adjoint.

"Aujourd'hui, le procureur général est un peu un capitaine sans bateau."Vincent Roten

La refonte de l'organisation du Ministère public vise avant tout à permettre au procureur général de traiter des affaires sensibles, comme demandé régulièrement par le Grand Conseil. Actuellement le procureur général et son adjoint ont une double casquette, celle de responsable du Ministère public et chef de l'Office central. Malgré toutes ces interventions parlementaires sur le MP, Vincent Roten se veut rassurant : tout ne fonctionne pas si mal au Ministère public. "Aujourd'hui le Ministère public valaisan fonctionne à satisfaction", conclut Vincent Roten.

Les interventions parlementaires du PDC sur la justice valaisanne seront traitées au Grand Conseil le mercredi 15 décembre prochain.

DM