Le jumelage Nendaz-Gherla, un pacte d'amitié suisso-roumain à nouveau actionné pour l'Ukraine

«Les réfugiés sont souvent des personnes qui avaient un certain niveau de vie. Des personnes qui avaient un travail, des loisirs, une maison et qui ont eu parfois une demi-heure pour faire les valise.» Pascal Praz, président de l'assoc. Nendaz-Gherla. ©Keystone-ATS
Nendaz-Gherla
Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Un pacte de jumelage remis au goût du jour en raison de la guerre en Ukraine: le président de l’association Nendaz-Gherla revient de Roumanie. Il était sur la frontière ukrainienne.

Les jumelages entre communes transnationales se révèlent à nouveau utiles. En Valais, l’association Nendaz-Gherla se mobilise en effet pour l’Ukraine. Une manière de faire perdurer la solidarité à l’origine même du principe de pacte d’amitié entre les deux localités datant des années huitante. Les habitants de Gherla avaient alors besoin d’un soutien lors de la dictature en Roumanie.

Des étudiants étrangers coincés en Roumanie

Aujourd’hui, c’est donc en faveur des réfugiés ukrainiens sur les routes de Roumanie que l’association se mobilise. Son président, Pascal Praz revient de Gherla, situé à 160 kilomètres de la frontière ukrainienne. Sur place, les réfugiés, sont majoritairement des femmes et des enfants, mais aussi beaucoup d’étudiants.

«Les réfugiés sont souvent des personnes qui avaient un certain niveau de vie.»Pascal Praz, président de l'association Nendaz-Gherla.

«On peut citer trois types de réfugiés, analyse Pascal Praz. Il y a d'abord ceux qui sont en transit, donc qui cherchent des solutions pour quelques nuits avant d'aller plus loin. Il y a des familles, dont le père doit rester en Ukraine pour servir le pays. Une partie d'entre elles préfèrent ne pas partir trop loin de l'Ukraine. Et la troisième catégorie représente les étudiants étrangers: il faut savoir qu'en Ukraine, il y avait énormément d'universitaires. Des jeunes qui viennent d'Inde, d'Égypte, du Marco ou plus généralement d'Afrique.»

Des idées reçues

Selon Pascal Praz, se rendre sur place permet de casser quelques a priori. «Les réfugiés sont souvent des personnes qui avaient un certain niveau de vie. Des personnes qui avaient un travail, des loisirs, une maison et qui ont eu parfois une demi-heure pour faire les valises et partir. Cela peut nous surprendre, mais ils viennent souvent avec leurs animaux de compagnie.» Les hébergements d'accueil leur paraissent d'autant plus sommaires. «Certains, par exemple, ont passé la frontière avec de plutôt belles voitures. Pas forcément des voitures de luxes, mais pas non plus des vieilles guimbardes. Ce n'est pas l'image habituelle que l'on a des réfugiés.»

Actuellement – et même si les chiffres sont difficiles à estimer – on chiffre à quelques 30'000 déplacés se trouvant en Roumanie. Cela représente 10% de la totalité des réfugiés qui ont transité dans la région depuis le début de la guerre.

L'école à distance sur le front ukrainien

En outre, le président de l’association Nendaz-Gherlaz souhaite autant aider les Ukrainiens en Roumanie que les personnes restées aux pays. Là-bas, il a dressé la liste des besoins réels avec le maire de la petite ville de 20'000 habitants et les différents partenaires. Pas question d’apporter ce que des Suisses imaginent nécessaire là-bas  – au risque de tomber à côté –, le but était de rapporter une aide concrète, grâce à des dons. Pour l’instant, la commune de Nendaz a débloqué 10'000 francs de solidarité. La collecte privée a réuni à peu près la même somme. Sur place à Gherla, l’argent a servi à financer des logements et des repas. Une partie du fonds servira également à acheminer de la nourriture en partance de la Roumanie vers l'Ukraine.

«Sur place, les gens aspirent juste à un toit et à de la nourriture ainsi que des moyens de communication.»Pascal Praz, président de l'association Nendaz-Gherla.

« Par l'intermédiaire du consulat général de Roumanie en Ukraine, nous avons pris contact avec des mairies directement dans le sud du pays en guerre. Des zones qui sont vraiment en frontières et donc qui accueillent des Ukrainiens déplacés. Sur place, les gens aspirent juste à un toit et à de la nourriture ainsi que des moyens de communication. » Les jeunes, par exemple, ont besoin de cartes de téléphone, puisque bon nombre d'entre eux suivent encore l’école à distance, par internet.

Des risques d'invasion en Roumanie?

Ancien pays communiste, la Roumanie partage une importante frontière avec l’Ukraine et la Moldavie, deux pays de l’ex-Union soviétique. Pour l'instant, dans le pays, aucune menace n'est perceptible, mais si les troupes de l'alliance transatlantique massent aux frontières. Pascal Praz ne s'est dit insécurisé à aucun moment en Roumanie.

« J'aimerais bien être dans la tête de Poutine, ironise le Nendard. Mais je ne pense pas que la Russie poursuive son invasion vers la Roumanie qui fait partie de l'OTAN et de l'Union européenne. Il y a évidemment des inquiétudes, mais les gens se préoccupent surtout du voisin moldave. En cas d'attaque militaire dans ce petit pays, on peut imaginer un mouvement d'environ 2 millions de personnes vers la Roumanie.»

dar/ss
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