Le FC Sion maintient son vote pour les playoffs: «Nous, on en a dans le pantalon»

Christian Constantin ©Keystone-ATS
Football
Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Révolution ou rétropédalage? Cinq mois après avoir opté pour l’introduction des playoffs, les clubs de Swiss Football League se prononceront une nouvelle fois sur le sujet vendredi. Si le résultat de l’urne reste incertain, le FC Sion ne changera lui pas son vote.

Le hasard fait bien les choses dit-on. Il prête en tout cas à sourire. Alors qu’il se trouve engagé dans un nouveau bras de fer avec la Swiss Football League depuis plusieurs jours, le FC Sion a justement rendez-vous à Berne ce vendredi. Au programme: l’assemblée générale ordinaire qui réunira les vingt clubs des deux plus hautes divisions du pays. Des clubs qui se prononceront une fois de plus sur le futur mode de jeu de la Super League.

Les playoffs: un système mort-né?

Une fois de plus car il y a un peu plus de cinq mois, ces mêmes clubs avaient opté à l’unanimité pour un changement drastique de formule. Dès la saison prochaine, l’élite comptera douze formations (contre dix aujourd’hui) et l’exercice devrait se terminer par des playoffs. Devrait car c’est justement ce dernier point qui fait débat et qui sera au cœur des discussions dans la capitale. «Comme dans toutes les assemblées, la veille au soir certains ont un avis et ils vont le changer le lendemain», se projette le président du FC Sion Christian Constantin. «Les gens qui ont du corps, qui souhaitent appliquer ce qui a déjà été voté existent de moins en moins.»

«Ceux qui sont revenus en arrière ne sont que des girouettes!» Christian Constantin

En mai dernier, le FC Sion faisait partie des nombreux partisans au changement de formule. Si beaucoup ont changé leur fusil d’épaule, le club valaisan maintient son choix. Il votera en faveur des playoffs. «Nous, on en a dans le pantalon. Si on décide quelque chose, on va au bout. À quoi beau prendre une décision sur le papier pour ne pas l’appliquer sur le terrain? Essayons avant de tirer des conclusions.» À l’époque, seize clubs sur vingt avaient été du même avis. Aujourd’hui, la tendance tend vers une égalité ou en tout cas un résultat très serré entre les partisans et les opposants à cette nouvelle formule. «Tous ceux qui sont revenus en arrière? Ce ne sont que des girouettes!»

Si les vingt formations votantes restent divisées, les supporters de tout le pays sont eux unanimes: ils ne veulent pas des playoffs et le font savoir par le biais d’une pétition. Ce jeudi, plus de 57'000 signatures ont été récoltées. «Mais les supporters, qu’est-ce qu’ils en savent?», interroge Christian Constantin. «Personne aujourd’hui ne peut dire si cette formule est bien ou n’est pas bien sans l’essayer. Le supporter veut automatiquement contrarier un truc. Essayons déjà avant de tirer un bilan. Tu ne peux pas partir dans un sens et décider de faire demi-tour au milieu de l’autoroute!»

«Le système qui suscite le plus d’intérêt est le mieux. Et l’intérêt est plus grand lorsqu’il y a une élimination directe.» Christian Constantin

À l’initiative du FC Zurich et de son président Ancillo Canepa, les opposants aux séries finales souhaiteraient adopter une autre formule: le système dit «écossais». Une option qui ne convainc pas Christian Constantin. «Demandez aux Écossais ce qu’ils pensent de leur système et vous verrez qu’ils s’en plaignent aussi», affirme-t-il. «Pour moi, le système qui suscite le plus d’intérêt est le mieux. Et l’intérêt est plus grand lorsqu’il y a une élimination directe. Lorsque la sanction tombe après 90 ou 120 minutes. C’est là que l’aspect émotionnel est le plus important. Et le sport vit pour les émotions.»

Des playoffs pour lutter contre la routine

Des émotions, de l’intérêt qui seraient moins grands selon le boss de Tourbillon en cas d’adoption du système écossais. Lequel verrait les douze équipes de Super League être partagées en deux groupes après trois tours de onze matches. Cinq matches se joueraient ensuite au sein de ces groupes pour définir le classement final du championnat. «Aujourd’hui, on se plaint en disant que c’est toujours les mêmes qui gagnent. C’est toujours eux qui sont protégés et les autres qui ne doivent surtout pas venir les déranger. Pour lutter contre cette routine, il faut une formule plus dynamique que le système écossais. Encore une fois, pourquoi voter pour quelque chose et revenir en arrière sans l’avoir testée? Ne me faites pas perdre deux jours en venant en mai pour revenir en novembre. Quand on prend une décision, on l’assume.»

Christian Constantin n’est d’ailleurs pas certain de faire lui-même le déplacement à Berne où il nous a indiqué que le FC Sion devrait plutôt être représenté par Fabian Salvi ou Pablo Iglesias. Révolution ou rétropédalage? Playoffs ou système écossais? La réponse est attendue vendredi en début d’après-midi.

Les modalités du vote
Les vingt clubs de la Swiss Football League se prononceront et une majorité simple (onze contre neuf) est nécessaire à faire basculer la balance d’un côté ou de l’autre. Deux options sont en lice.

Les playoffs
Formule adoptée en mai dernier. Après une première phase de 33 tours, les deux premiers du classement s'affronteront pour le titre, les formations classées de la 3ème à la 10ème place disputeront des séries pour les places européennes et les deux derniers seront opposés pour éviter la relégation.

Le système écossais
Après une première phase de 33 tours, les équipes sont séparées en deux groupes pour une seconde phase de cinq matches. Les six premiers s’affrontent pour le titre et les places européennes, les six derniers contre la relégation et le rôle de barragiste.

En cas d’égalité des votes (dix à dix), c'est la formule des playoffs qui sera maintenue.
CM
Dossier FC Sion