Le FC Saillon passe de la 4ème à la 2ème ligue en une année

FC Saillon ©Rhône FM
Football
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

Après cinquante-huit ans d’attente, le FC Saillon retrouvera la 2ème ligue la saison prochaine. Il a officiellement validé sa promotion dimanche, un an après avoir fait le saut de la 4ème à la 3ème ligue.

Saillon. Stade Saint-Laurent. Dimanche peu avant midi. Les trois coups de sifflet de l’arbitre retentissent. La délivrance. La joie. Les remplaçants se ruent sur le terrain pour rejoindre leurs coéquipiers. On s’embrasse, on se congratule. Le FC Saillon vient de valider sa promotion en 2ème ligue. Les t-shirts spécialement conçus pour l’occasion sont distribués. Le président puis l’entraîneur prennent tour à tour la parole au milieu du cercle formé par les joueurs. Vient ensuite la photo souvenir puis les remerciements aux quelques centaines de spectateurs présents au bord du terrain. Et enfin la fête. Longue et arrosée.

«On a donné tout notre cœur pour vivre ces moments.»Geoffrey Bérard, capitaine du FC Saillon

«C’est magnifique, on a donné tout notre cœur pour vivre ces moments», souffle le capitaine Geoffrey Bérard au moment où des engins pyrotechniques animent les festivités. «On est contents pour le club, pour les gens qui nous suivent et surtout pour le comité qui fait un gros travail pour nous durant toute l’année.»

Bis repetita douze mois plus tard

Les scènes de joie vécues dimanche au Stade Saint-Laurent rappellent celles du printemps passé. Car oui, si le club s’apprête à retrouver la 2ème ligue 58 ans après son dernier passage dans cette catégorie de jeu, l’exploit est d’autant plus grand qu’il intervient douze mois seulement après l’accession des Saillonins à la 3ème ligue. «L’an dernier, la promotion était notre gros objectif», explique l’entraîneur Sascha Dorsaz, nommé en 2020 à la tête d’une équipe alors pensionnaire de 4ème ligue. «Cette saison, notre priorité était de garder la cohésion au sein du groupe. Si on m’avait dit qu’on finirait dans les cinq premiers, j’aurais tout de suite signé. Mais au fil du temps, les matches s’enchaînent, on voit qu’on est tout en haut, qu’on ne recule plus et on se dit «bon, on y va pour la 2ème». C’est absolument génial!»

«On a un formidable esprit de groupe. Le plaisir est toujours là et on gagne toutes nos 3èmes mi-temps.»Sascha Dorsaz, entraîneur du FC Saillon

Le cas du FC Saillon n’est pas isolé puisque d’autres clubs ont déjà enchaîné deux promotions dans le passé. Reste que la performance mérite d’être relevée. «Notre plus grande force à selon moi été la taille de notre contingent», poursuit Sascha Dorsaz. «Près de trente joueurs ont été utilisés durant le printemps. On a été épargnés par les blessures et surtout, il y a ce formidable esprit de groupe. En moyenne, on est une bonne vingtaine à l’entraînement. Le plaisir est toujours au rendez-vous et surtout, on gagne toutes nos 3èmes mi-temps (rires)!»

Le stress présent jusqu'au bout

Lorsqu’on leur demande à quel moment ils ont pris conscience que cette deuxième promotion consécutive allait devenir réalité, le capitaine et l’entraîneur ont chacun une version différente. «Pour moi, c’était après notre match face à Collombey (ndlr: gagné…11-2) la semaine dernière. Il restait cette dernière journée à disputer mais on avait trois points d’avance et le classement fair-play parlait aussi en notre faveur», commence le premier. «Moi j’ai pris conscience de ça il y a tout juste dix minutes, au moment du coup de sifflet final. C’est là que le stress est retombé», se marre le second.

«Ces dernières semaines, des gens qu’on ne connaissait même pas nous félicitaient, ils venaient nous parler de cette promotion alors que ce n’était pas encore fait.»Sascha Dorsaz, entraîneur du FC Saillon

Avant cette ultime partie de l’exercice – remportée 3-1 face à la deuxième équipe du Martigny-Sports – le FC Saillon avait déjà neuf orteils en 2ème ligue. Mais qu’importe, la tension était bien là au moment du coup d’envoi…et même un peu avant. «Petit clin d’œil à l’un de nos coéquipiers qui est resté endormi et qui est arrivé au stade à 9h15 alors que le rendez-vous était fixé à 8h00», rigole Geoffrey Bérard. «Il ne répondait pas à nos appels donc on a eu un petit coup de stress. On avait peur qu’il lui soit arrivé quelque chose.» Finalement, tout est bien qui finit bien. Le retardataire était là pour participer à cette fête tant attendue. «Ces dernières semaines, on a senti un certain engouement dans tout le village», affirme le coach. «Des gens qu’on ne connaissait même pas nous félicitaient, ils venaient nous parler de cette promotion alors que ce n’était pas encore fait. Maintenant que c’est le cas, je peux me relâcher, aller tourner dans Saillon et célébrer avec tout le monde!»

Digérer la promotion pour gérer le saut

Passées les festivités, il faudra digérer cette promotion pour préparer au mieux le saut à l’échelon supérieur. «Inévitablement, un ou deux joueurs que l’on connaît vont nous contacter pour nous rejoindre mais au vu de la taille de notre effectif, ce sera compliqué d’aller chercher beaucoup de nouveaux éléments», relève Sascha Dorsaz. «On repartira sur les bases qui ont fait notre succès ces deux dernières années: le plaisir et l’esprit de famille. On verra bien où cela nous mènera.» Jusqu’à une troisième montée de suite? «Ah j’aimerais bien! Si ça doit être le cas, je n’ai qu’une chose à dire: vivement!», se marre encore le capitaine. L'entraîneur joue lui la carte de la prudence. «La première priorité, ce sera le maintien.»

En attendant, les chants de victoire résonnent encore au Stade Saint-Laurent. Plusieurs de ceux entonnés ce dimanche faisaient d'ailleurs écho à des airs habituellement connus à Tourbillon. Mais si un seul devait s'adapter à la situation actuelle du FC Saillon, ce serait certainement: «c’est rouge, c’est blanc, ça monte et ça remonte...»

CM
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