Le coronavirus a eu un impact sur l'espérance de vie en Suisse

Le coronavirus a accentué l'aide informelle, comme la garde d'enfants par exemple (image prétexte). ©KEYSTONE/GAETAN BALLY
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Keystone-ATS
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Le coronavirus a laissé des traces dans le bien-être de la population suisse en 2020. L'espérance de vie a baissé. Le semi-confinement du printemps 2020 a eu un impact sur la satisfaction par rapport à la vie. L'économie aussi a pâti de la crise sanitaire.

L'espérance de vie chez les hommes a baissé de 0,9 an entre 2019 et 2020, pour se fixer à 81 ans. Chez les femmes, la diminution a été moindre, de 0,5 an, s'établissant à 85,1 ans. Malgré une surmortalité particulièrement élevée chez les plus de 64 ans, le rapport entre le nombre de personnes de 65 ans et plus et celui des 20 à 64 ans n'a pas reculé, indique mercredi l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans ses résultats des indicateurs du bien-être.

Par ailleurs, par rapport à d'autres pays, la population suisse de 16 ans ou plus est très satisfaite de sa vie en général. Cette satisfaction était stable entre 2019 et début 2020, avant de baisser. Elle est passée de 39,7% pendant le semi-confinement à 36,6% en 2021. Moins de 10% des personnes ont déclaré un degré de satisfaction faible durant cette période.

Le semi-confinement a aussi joué un rôle quant à la confiance dans le système politique. Avant mars 2020, quelque 47% des Suisses se disaient très confiants. Ce taux a grimpé à 54% pendant le semi-confinement, avant de légèrement retomber à 51% en 2021. Davantage d'hommes que de femmes ont une grande confiance dans le système politique. La confiance est aussi plus élevée chez les personnes de nationalité étrangère que chez les Suisses.

Quelque 20% des habitants avaient faiblement confiance dans le système politique en 2019 et 2020. Le taux a chuté à 18,3% en 2021.

Travail bénévole informel

La crise du Covid-19 a également accentué le travail bénévole informel. En 2020, 32,5% de la population résidente permanente de 15 ans ou plus ont aidé leurs voisins, gardé des enfants ou apporté des soins à des proches. En 2016, le taux était de 31,7%.

A l'inverse, le travail bénévole organisé s'est vu restreint en raison des mesures sanitaires. La part de la population résidente permanente de 15 ans à s'être engagée au sein d'associations ou d'organisations est passée de 19,5% en 2016 à 15,9% en 2020.

Endettement de plus de 300 milliards

L'OFS donne encore des indicateurs économiques. Les échanges économiques avec l'étranger ont souffert de la crise sanitaire. Le taux d'ouverture de l'économie suisse a baissé de 52% à 47,8%. Les exportations ont diminué de 7% et les importations de 11% entre 2019 et 2020.

Les mesures prises pour atténuer les conséquences de la pandémie ont mis à mal les finances publiques. L'endettement de la Confédération, des cantons et des communes a dépassé la barre des 300 milliards de francs en 2020 (304 milliards, soit +11 milliards).

Les dépenses pour les prestations sociales ont augmenté, notamment pour l'assurance-chômage, qui enregistre un excédent de 100 millions de francs. Du côté des recettes, les impôts liés à l'environnement ont baissé de 3,9%.

Cette diminution est en grande partie due à la baisse des recettes tirées des impôts sur les huiles minérales, comme l'essence et le diesel, explique l'OFS. Ce recul de la demande en carburants a aussi contribué à la baisse de 9,5% de la consommation d'énergie brute.

Le produit intérieur brut (PIB) réel par habitant s'est réduit de 3,1% en 2020. Le taux d'endettement global est passé de 41% à 43% du PIB entre 2019 et 2020.

Répercussions ces prochaines années

Ces différentes données ne sont pas exhaustives, précise l'OFS. Il n'y a pas encore de chiffres récents pour tous les aspects ni pour tous les indicateurs.

L'office table sur des répercussions de la pandémie pour ces prochaines années encore. Les indicateurs du bien-être s'en verront donc encore impactés.

ATS
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