Le Conseil national vote un crédit complémentaire pour lutter contre le loup

loup coûts
Loup
Didier Morard
Journaliste

Le loup ne cristallise pas les débats uniquement en Valais. Les discussions ont été animées ce mardi sous la Coupole fédérale. Le Conseil national se penchait sur une nouvelle mesure pour contrer les grands prédateurs.

5,7 millions de francs ont été rajoutés au budget de la Confédération. Ce crédit complémentaire – voté ce mardi matin – doit permettre de mieux protéger les troupeaux lors de la période d'estivage. La mesure vise à aider les agriculteurs à s'armer contre les attaques des grands prédateurs. Le montant permettra de financer des mesures de protection, comme l'embauche de bergers, de chiens de berger ou la pose de clôtures. Et le Valais pourrait fortement bénéficier de cette manne financière. " Le Valais est prioritairement touché par le phénomène même si aujourd'hui tous les cantons sont touchés. Le gros des montants ira dans l'Oberland bernois, les Grisons, le Valais et une partie du Tessin", détaille Sidney Kamerzin, conseiller national du Centre.

"D'été en été, le nombre de loups augmente sur nos alpages."Sidney Kamerzin, conseiller national (Le Centre /VS)

Ce montant de 5,7 millions de francs vient s'ajouter à celui déjà alloué dans le budget ordinaire de la Confédération. " Il y a urgence. D'été en été, le nombre de loups augmente sur nos alpages. Et il faut donc augmenter les moyens à disposition", argumente l'élu sierrois. Toutefois, tous les conseillers nationaux n'étaient pas de cet avis. Le texte a reçu l'opposition de 72 députés, contre 101 en faveur du crédit complémentaire. Il faut dire que le Conseil fédéral et l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) étaient opposés à la mesure. L'OFEV a notamment brandi l'argument que la Suisse ne disposait pas d'un cadre légal pour accorder ces aides financières. " L'Office fédéral de l'environnement ne va vraiment pas dans le sens de la protection contre les grands prédateurs. Il a essayé de trouver sans succès une parade juridique mais on a pu répondre parce que l'Ordonnance sur la chasse laisse la porte ouverte à la Confédération pour mettre en place des outils supplémentaires de protection des troupeaux", indique Sidney Kamerzin.

Manque de cadre légal pour accorder ces aides ?

Cette aide fédérale vient s'ajouter à celle débloquée au niveau cantonal. Le Grand Conseil a accordé en décembre dernier dans le budget 2022 de l'Etat du Valais une enveloppe d'un million de francs pour protéger les troupeaux lors de l'estivage.

Prochaine étape : la régulation ?

Outre le financement de mesures de protection, le crédit complémentaire vise également à étendre les prestations couvertes par les aides fédérales. " Aujourd'hui il y a des montants fixes qui sont alloués dans le cadre des contributions d'estivage et certaines prestations des éleveurs ne sont pas couvertes, notamment le travail qu'il faut faire pour clôturer les alpages en Valais quand c'est possible. Et ils ne sont pas couverts pour tout ce travail-là", s'insurge Sidney Kamerzin, qui espère capitaliser sur cette victoire pour mieux réguler les grands prédateurs. " On arrive à atteindre des majorités même au sein des formations politiques, qui étaient plutôt opposées aux mesures contre la prolifération des grands prédateurs. On aura encore un débat très fort sur la régulation", estime le parlementaire du Centre.

Ce crédit complémentaire doit encore passer la rampe du Conseil aux Etats.

DM
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