Le certificat sanitaire devrait être largement étendu

Alain Berset (G) et Guy Parmelin (D) ont présenté mardi un nouveau paquet de mesures potentielles pour mieux lutter contre l'arrivée du variant omicron. ©KEYSTONE/PETER KLAUNZER
Coronavirus
Keystone-ATS
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A peine adoubé par le peuple, le certificat sanitaire devrait être étendu. Manifestations, activités sportives et culturelles et même grandes réunions privées ne seraient plus possible sans lui. Le Conseil fédéral a mis mardi un paquet de mesures en consultation.

Avec le variant delta, la situation était critique. L'arrivée d'omicron a changé la donne. La nouvelle mutation reste encore peu connue, mais elle est importante. "Le variant est très contagieux et pourrait potentiellement échapper à l'immunité", a expliqué le ministre de la santé Alain Berset devant les médias.

"Il n'était pas possible d'attendre jusqu'à vendredi, la séance ordinaire du Conseil fédéral, pour faire une première analyse de la situation", a relevé le président de la Confédération Guy Parmelin. Et de reléguer tout lien avec la votation dimanche sur la loi Covid-19 au rang de simple concours de circonstances.

Validité des tests réduite

Pour éviter une combinaison explosive delta-omicron, notamment en terme de surcharge hospitalière, le Conseil fédéral a envoyé un paquet de mesures en consultation jusqu'à mercredi soir. Il s'agit principalement d'étendre l'utilisation du certificat et du masque.

Le premier sera exigé lors de toutes les manifestations et activités sportives et culturelles se déroulant à l'intérieur. Les groupes de 30 participants échappent aujourd'hui à cette exigence. Le sésame sera également obligatoire lors de rencontres familiales ou entre amis de plus de dix personnes.

Comme pour la limitation passée des réunions privées à cinq personnes, la nouvelle mesure relève du bon sens, a précisé Alain Berset. "Il ne s'agit pas d'aller contrôler chez les gens. Si vous faites une fête de famille avec 20 ou 30 personnes, essayez de voir que les personnes non vaccinées fassent un test."

La population doit prendre ses responsabilités, a aussi appelé Guy Parmelin. Pour les fêtes de famille de fin d'année, chacun doit faire attention. "Il reste encore plus de 230'000 personnes de plus de 60 ans qui ne sont pas vaccinées." En pourcentage, soit 3,14% de la population, c'est peu, mais ces personnes sont surreprésentées dans les nouvelles hospitalisations.

Les restrictions de capacité, par exemple pour les universités ou les services religieux, seront elles levées. "Ce n'est pas idéal. Mais c'est ce que le Parlement a décidé", a souligné Alain Berset. Le Conseil fédéral estime désormais que tous les adultes souhaitant se faire vacciner ont pu le faire. Les limitations sont supprimées.

Consommer assis

A l'extérieur, le pass sanitaire sera exigé dès 300 personnes. La barre est actuellement placée à 1000 participants. Parallèlement à son extension, le certificat sera plus difficile à obtenir. Les tests PCR seront valables seulement 48h, et les tests rapides antigéniques 24h. La fiabilité des tests sera ainsi augmentée, a salué le Fribourgeois.

Le masque sera lui obligatoire dans tous les lieux fermés accessibles au public, où le certificat Covid est exigé. Dans les restaurants, bars ou discothèques, l'obligation de consommer assis sera réintroduite. Si le masque ne peut être porté lors des activités sportives et culturelles, les coordonnées des participants devront être relevées, comme c'est déjà le cas pour les discothèques.

Trois variantes pour le travail

Les mesures devraient également être renforcées dans le monde professionnel. Le Conseil fédéral n'a toutefois pas d'avis tranché sur la question. Il a mis trois variantes en consultation. La première prévoit une obligation générale de porter le masque dans les bureaux occupés par plusieurs employés.

Les travailleurs non-vaccinés ou n'ayant pas encore contracté la maladie devraient être contraints au télétravail, selon la deuxième proposition. Au bureau, ils devraient être masqués. Les autres collaborateurs en seraient exemptés.

La troisième option réintroduit le télétravail pour tous. Les employés ne pouvant rester à la maison devraient porter le masque dans les espaces partagés. Des tests répétitifs devraient également être proposés aux collaborateurs.

Tests dans les écoles

Pas question en revanche d'imposer le masque aux écoliers à l'échelle nationale. Dès l'école obligatoire, des tests répétitifs devront toutefois être proposés. Toutes les mesures mises en consultation seraient limitées jusqu'au 24 janvier. Une décision définitive devrait être prise vendredi.

Les mesures proposées ont prouvé leur efficacité et sont supportables, a déclaré le ministre de la santé. Elles doivent empêcher de nouvelles fermetures et la surcharge des hôpitaux. "On souhaite tout faire pour l'éviter." L'instauration d'une obligation vaccinale ou d'un certificat réservé aux personnes vaccinées ou guéries n'est pas non plus à l'ordre du jour.

ATS