A l'avenir, La Poste devrait privilégier la livraison des colis

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En 2030, La Poste devrait avoir renforcé ses capacités pour livrer des colis. En revanche, des experts suggèrent que les lettres ne soient livrées qu'un jour sur deux. La distribution quotidienne de journaux ne devrait plus être une priorité non plus.

"D'ici 2030, l'offre actuelle ne répondra plus aux besoins de la population et des entreprises", résument jeudi les experts de la Commission sur le service postal universel. Ils constatent que la vie en Suisse se numérise de plus en plus et que l'envoi de colis devient de plus en plus important. Sans remettre en cause son mandat étatique de service universel, ils estiment que La Poste doit accompagner ces mutations.

Le nombre de lettres acheminées annuellement est passé de 3 milliards en 2002 à 1,7 milliard en 2020. Selon la commission, ce chiffre tombera à un milliard en 2030. La communication numérique sera très répandue et acceptée en Suisse. Il est donc envisageable que les lettres physiques ne puissent plus être distribuées qu'en courrier B, trois fois par semaine. Cette proposition réduirait les coûts pour La Poste.

Cela conduirait aussi à une baisse du volume de lettres, ce qui réduirait l’importance du monopole résiduel pour le financement du service universel. Sa suppression serait envisageable.

Des colis le samedi

Le volume de colis a lui augmenté de 65% entre 2002 et 2020 et la tendance devrait se poursuivre, avec une hausse d'environ 25% d'ici 2030. La Suisse aura donc toujours besoin d'un service universel de qualité sur l'ensemble de son territoire. La loi doit continuer à garantir la distribution le jour ouvrable suivant l’envoi. Il conviendrait en outre d'examiner si une distribution des colis six jours fait sens, conseillent les experts.

Par contre, les journaux seront de plus en plus diffusés sous une forme numérique. Dès lors, le maintien du service universel pour la distribution quotidienne de journaux imprimés au-delà de 2030 ne se justifierait plus.

En matière de paiement, il devrait toujours être possible d'effectuer un achat à La Poste avec un billet de 10 francs. En effet, les experts souhaitent que les transactions en espèces continuent à faire partie du service universel, "tant qu'il n'existe pas de moyen de paiement numérique présentant des caractéristiques comparables".

Offre réduite mais fiable

Malgré tout ces changements, une offre réduite mais fiable devrait subsister pour les personnes ayant des difficultés d'accès au monde numérique, rappellent les experts dans leur rapport. La création de centres de services et le développement de formes d'accès mobiles sont des pistes à explorer.

La Commission d’experts sur le service postal universel a été mise en place en mars 2021 par le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) et le Département des finances (DFF). Elle est dirigée par l'ancienne élue fédérale Christine Egerszegi (PLR/AG).

ATS
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