Lausanne: premier diagnostic sur la pollution aux dioxines

La conseillère d'Etat Béatrice Métraux a fait un point de situation sur la pollution aux dioxines à Lausanne. ©KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Dioxine en vi..
Keystone-ATS
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La pollution des sols aux dioxines découverte en début d'année s'étend à une bonne partie de la ville de Lausanne. Dans les deux zones les plus touchées, le canton recommande de ne plus consommer les oeufs de son poulailler et les cucurbitacées de son jardin.

La conseillère d'Etat Béatrice Métraux a présenté lundi un état des lieux qui précise le périmètre concerné par la pollution aux dioxines et furanes. "C'est une projection sur la base des 126 sites qui ont été analysés. Nous sommes toujours en phase de diagnostic", a-t-elle relevé, parlant d'une situation "inédite en Suisse".

La zone s'étend sur une grande partie du territoire lausannois - autour du centre-ville et de Sauvabelin - mais aussi sur le sud des communes du Mont-sur Lausanne et d'Epalinges. Pully et Prilly sont marginalement touchées. Selon les investigations, toujours en cours, il semble se confirmer que les fumées de l'ancienne usine d'incinération du Vallon sont en cause. L'actuelle usine Tridel n'est pas concernée.

Une carte en ligne

Une carte, consultable sur le site du canton, donne une image plus précise. Cette modélisation délimite quatre zones, dans lesquelles le canton a estimé le niveau probable de concentrations de dioxines (avec une échelle dès 20 ng/kg). Au centre, le niveau - le plus élevé - dépasse les 200 ng/kg.

Ces quatre zones incluent le centre-ville, et potentiellement plusieurs dizaines de milliers d'habitants, selon une estimation. Comme les dioxines se retrouvent à la surface des sols non remaniés, de nombreuses parcelles, qui ont fait l'objet de projets d'urbanisme, ne sont donc plus concernées, selon les autorités.

L'étendue définitive du secteur à assainir dépendra de la méthode de référence retenue par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), et du seuil d'assainissement, a précisé Cornelis Neet, directeur général de l'environnement. Vaud est en contact étroit avec l'OFEV.

Restrictions de consommation

Pour l'heure, le canton a décidé de restreindre l'usage des sols en fonction de l'exposition aux polluants. Ces restrictions - qui sont des recommandations - concernent la consommation d'aliments provenant des terrains pollués, notamment de jardins familiaux.

Les cucurbitacées (courges et courgettes), qui accumulent les dioxines, sont particulièrement concernées, de même que les oeufs de poules élevées dans certains secteurs de la ville. Il convient de laver, voire peler, les fruits et légumes de son jardin. Et de veiller à ce que les enfants en bas âge ne mangent pas de la terre.

Information à la population

Le canton a prévu un dispositif d'information à la population. Sur son site internet, une page web est dédiée à cette question, avec le détail des recommandations sanitaires. Une adresse mail et une ligne téléphonique est ouverte dès mardi. Pour sa part, la ville de Lausanne informera jeudi sur les nouvelles mesures prises.

Sur ce dossier "complexe", les investigations et les discussions se poursuivent, car il subsiste de nombreuses "inconnues", a rappelé Béatrice Métraux. La question des responsabilités notamment reste ouverte, de même que celle des procédures d'assainissement. Des sommes "importantes" sont en jeu, a rappelé la conseillère d'Etat.

Le canton insiste sur le fait que cette problématique est nouvelle, aussi au niveau suisse. Pour sa part, Vaud va chercher à savoir si d'autres communes vaudoises sont concernées par une ancienne pollution de ce type autour d'installations sensibles.

ATS