La vitesse de décrochement d’une avalanche pourrait atteindre plus de 300km/h

Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

La vitesse de rupture de la masse neigeuse au sommet d’une avalanche pourrait atteindre plus de 300 km/h. C’est la découverte de deux chercheurs de l'EPFL et de l'institut SLF. Des résultats obtenus grâce à La Reine des neige et un snowboardeur professionnel. On vous explique

C’est l’histoire d’une étude très sérieuse qui a vu le jour grâce à deux chercheurs, une vidéo de snowboard et la Reine des neiges. On vous décrit aujourd'hui la recherche menée par Johan Gaume et son doctorant Bertil Trottet. Une recherche menée par l’EPFL et l’institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF qui a permis de découvrir que la vitesse de rupture entre des plaques de neiges au sommet d’une avalanche pouvait atteindre plus de 300 km/h.

Zip d'Anorak

«Il ne faut pas confondre la vitesse de la neige – c'est-à-dire la vitesse de l'avalanche – et la vitesse de déclenchement, explique Johan Gaume, directeur du Laboratoire de simulation des avalanches à l'EPFL. Pour se représenter cette vitesse de déclenchement, il faut imaginer que la neige est accrochée au reste du manteau neigeux par un «Zip d'Anorak». Nous, ce que l'on a observé, c'est la vitesse à laquelle on enlève le zip.» 

Résultat: 300km/h pour une vitesse de décrochage de fermeture éclair, c'est trois fois plus rapide que ce que les chercheurs estimaient jusqu'ici pour le phénomène. Vu la différence de résultat par rapport aux études précédentes, les deux chercheurs croient d'ailleurs tout d'abord à une erreur.

Un saut, un impact, une avalanche, des résultats

C’est à cette étape qu’un snowboardeur professionnel, Mathieu Schaer,  envoie une vidéo de lui au Professeur Johan Gaume. Elle le montre, lui, déclenchant accidentellement une avalanche de très grosse taille et en échapper un peu miraculeusement. Se connaissant de longue date pour avoir dévalé les pistes ensemble, les deux hommes réfléchissent aux raisons de cet incident. « Avant de se lancer en bas de la montagne, Mathieu et son équipe avaient fait des tests de stabilité dans la pente, commente Johan Gaume. Un premier skieur est d'ailleurs passé sans problème. Mais c'est uniquement au deuxième passage, lorsque Mathieu a fait un saut puis impacté de manière plus importante le manteau neigeux que l'avalanche est partie.»

Grâce à la technologie d'analyse mise en place par un collègue du Colorado, Ron Simenhois, les chercheurs lausannois se mettent alors à analyser les raisons de ce déclenchement. Ils découvrent alors que la propagation ressemble à celle d'un séisme. Leurs résultats sont alors rapidement validés au niveau expérimental.

«La Reine des neiges» en action

Il faut dire que le doctorant Bertil Trottet avait déjà passé un millier d’heures à calculer le phénomène grâce à un modèle de simulation d'avalanches extrêmement complexe, basé sur les codes informatiques utilisés pour représenter la neige dans le dessin animé «La Reine de neiges». 

Un modèle physique mis en place par des scientifiques, dont le Professeur Johan Gaume. «La neige est très compliquée à simuler, raconte Bertil Trottet. Dans le graphisme de ce film, Disney a développé des modèles pour pouvoir faire des rendus physiques de la neige. Pour qu'elle paraisse vraie. Cela nous a permis de développer nos calculs.»

Selon les deux scientifiques, ce phénomène de propagation extrêmement rapide n'est pas marginal, notamment en ce qui concerne les avalanches de grande envergure. Les résultats de cette recherche sont d'ailleurs considérés comme une petite révolution dans le milieu.

La recherche va se poursuivre à l’institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF à Davos. L’objectif est de définir des modèles plus efficaces à grande échelle afin d’évaluer la taille des avalanches. Des connaissances qui permettront d’améliorer la prévision des risques. 
 

dar
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