La Suisse signe des accords avec Vanuatu et la Dominique à Glasgow

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a signé à Glasgow des accords avec Vanuatu et la Dominique sur le climat. ©KEYSTONE/AP/Alastair Grant
COP26
Keystone-ATS
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La Suisse pourra s'appuyer sur deux nouveaux accords pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre en finançant des projets à l'étranger. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga les a signés jeudi à Glasgow avec Vanuatu et la Dominique.

Du côté du Vanuatu, le ministre du changement climatique Bruno Leignkone était présent par vidéo pour cette cérémonie. Le principal projet permettra de relier, grâce à une technologie suisse, des panneaux photovoltaïques entre eux. Il sera déployé au total sur les 60 îles habitées du Vanuatu.

Parmi les effets attendus, il doit notamment faciliter l'utilisation de grosses infrastructures électriques, notamment pour le séchage de mangues. L'Etat insulaire fait partie des pays menacés par l'élévation du niveau des mers.

L'accord signé avec le ministre dominiquais de l'environnement Cozier Frederick va lui porter sur des bus électriques. Les détails seront affinés avec les propositions du secteur privé.

Devant la presse, la cheffe du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) a rappelé les règles de ces partenariats bilatéraux. Ceux-ci ne peuvent donner lieu à un double comptage des réductions des émissions. Ils doivent porter sur des efforts qui n'auraient pu être menés par le pays récipiendaire et constituent des investissements additionnels.

Visés par des ONG

Les deux pays doivent donner leur autorisation aux propositions du secteur privé. Les accords doivent également honorer les droits humains et environnementaux. En cas d'abus, "la Suisse ne pourrait pas appliquer les réductions de gaz à effet de serre" obtenues dans ces pays, a précisé Mme Sommaruga.

Elle est considérée comme avant-gardiste dans l'application de l'article 6 de l'Accord de Paris qui permet de réduire une partie de ses émissions de gaz à effet de serre à l'étranger en finançant des projets auprès d'autres pays. Très observés parce que pionniers, ces arrangements sont sous le feu des critiques de certaines ONG comme Greenpeace.

Mais le WWF international salue lui ces initiatives. A condition qu'elles ne soient menées que dans des pays dont l'objectif est de s'aligner sur une limitation de 1,5°C du réchauffement d'ici 2100, a dit jeudi l'une de ses responsables.

Après un premier accord avec le Pérou, la Suisse avait décidé également de financer notamment des usines de biogaz dans les fermes sénégalaises et des énergies renouvelables au Ghana. Ou encore la promotion de l'efficacité énergétique des bâtiments en Géorgie. Des ministres de certains de ces pays ont relevé jeudi aux côtés de Mme Sommaruga l'importance de ces arrangements. Un accord devrait être signé prochainement avec la Thaïlande.

De son côté, le secteur privé est demandeur. La Fondation pour la protection du climat et la compensation de CO2, en charge de ces efforts en Suisse, a elle annoncé récemment avoir déjà attribué 750 millions de dollars pour l'achat de crédits carbone.

Discussion avec Johnson

La Suisse s'est engagée à réduire de 50%, d'ici à 2030, ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 40 ans auparavant. Au Parlement, les discussions actuelles portent sur une limitation à 25% du total des efforts qui pourraient être compensés à l'étranger.

Impossible de savoir s'il faudra limiter ces accords bilatéraux s'ils deviennent trop courus pour le secteur privé. L'important pour le moment est qu'ils soient favorables pour les deux Etats signataires et qu'il montre aux autres acteurs que ces arrangements de l'article 6 sont possibles, dit Mme Sommaruga. "Nous ne le faisons pas que pour notre pays, mais pour les règles internationales" discutées à la COP, selon elle.

Autre accord, mercredi, la Suisse s'est associée à Glasgow à plus de dix autres pays pour ne plus vendre de camions ou de voitures de livraison polluants en 2040. Au total, 30% de nouveaux véhicules propres seront vendus dès 2030 et une neutralité carbone devra être atteinte en 2050.

Dans le cadre des négociations à Glasgow, Mme Sommaruga poursuit aussi ses consultations sur la question des calendriers communs acceptable pour tous pour que les Etats annoncent leurs efforts concernant le climat. Un mandat, avec son homologue rwandaise de l'environnement, donné par le président de la COP26 Alok Sharma.

Un petit groupe de pays souhaite davantage de flexibilité et la possibilité d'un intervalle de dix ans dès 2030. La conseillère fédérale a discuté de l'avancée de ces négociations avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, revenu mercredi pour quelques heures à Glasgow. "La Suisse fait de son mieux", a-t-elle dit sur les réseaux sociaux.

ATS