La Suisse doit assurer elle-même sa sécurité, dit Viola Amherd

Viola Amherd est convaincue que la guerre conduira à une remilitarisation de l'Europe (archives). ©KEYSTONE/PETER SCHNEIDER
Ukraine
Keystone-ATS
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La Suisse, en tant que pays neutre, doit assurer elle-même sa sécurité, martèle la ministre suisse de la défense Viola Amherd, en écho à l'invasion russe en Ukraine. En cas d'attaque, elle peut demander de l'aide, mais ne sait pas si son appel sera entendu, dit-elle.

"Dans certaines circonstances, la Suisse serait dépendante de la solidarité", déclare Mme Amherd dans un entretien diffusé dimanche par la NZZ am Sonntag. C'est justement pour cette raison qu'il est important que la Suisse apporte sa contribution et protège son espace aérien avec ses propres moyens, ajoute-t-elle.

La conseillère fédérale estime que si la guerre s'étendait à l'ouest de l'Ukraine, "la situation changerait considérablement", car la Russie s'en prendrait à un membre de l'OTAN. "Nous serions alors proches d'une guerre mondiale. Mais même dans un tel cas, je considère que l'utilisation d'armes nucléaires est improbable", poursuit-elle.

Mme Amherd se dit convaincue que la guerre conduira à une remilitarisation de l'Europe. "La Russie s'est déjà réarmée". Dans les pays européens de l'OTAN, ajoute-t-elle, la discussion sur une augmentation des dépenses d'armement est en cours depuis un certain temps déjà.

La guerre en Ukraine conduira à une plus grande prise de conscience du fait que les Etats doivent être en mesure de se défendre militairement contre une attaque, note la centriste valaisanne.

Moscou tente d'influencer l'opinion

Selon elle, la Russie tente par ailleurs manifestement d'influencer l'opinion publique en Suisse. Le service de renseignements observe attentivement cette évolution, ajoute-t-elle.

On voit actuellement sur Twitter, Facebook et dans les commentaires des journaux en ligne de très nombreuses remarques pro russes, déclare Mme Amherd. "Elles ne sont pas tous le fait de citoyens ordinaires, mais ont probablement été dirigées".

"Actions d'influence" en augmentation

Les "actions d'influence" ont augmenté ces dernières semaines, a expliqué la ministre de la Défense. "Cela représente un danger pour la formation de l'opinion".

Les autorités veulent lutter contre les éventuelles manipulations en "informant correctement" et en rectifiant les informations erronées. "Et si des bots sont effectivement à l'œuvre et mettent automatiquement des commentaires en ligne, il faut supprimer ces commentaires", a déclaré la ministre.

Selon la conseillère fédérale PDC, ces attaques dans l'espace virtuel sont pour l'instant le danger le plus évident que représente la Russie pour la Suisse. "Dans la situation de crise actuelle, il s'agit que la Suisse se protège contre les cyberattaques". En outre, les forces aériennes surveillent l'espace aérien et garantissent le respect de la neutralité.

Dans un passé récent, la Russie a été accusée à plusieurs reprises de manipulation par les pays occidentaux. Moscou est par exemple responsable, aux yeux de Washington, de cyberattaques aux Etats-Unis et d'ingérence dans les élections américaines.

ATS
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