La Suisse dit "oui" au consentement présumé

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Don d'organes
Keystone-ATS
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Tout le monde sera désormais considéré comme donneur d'organes présumé en Suisse. Le peuple a accepté dimanche par 60,2% des voix ce changement de paradigme. Les cantons romands sont les champions du "oui".

Tous les cantons latins ont dit oui à cette révision de la loi sur la transplantation. Vaud l'a acceptée par 81,3% des voix, le meilleur score au plan national. Suivent Genève (78,5%), Neuchâtel (77,2%), le Jura (75,8%), Fribourg (73,3%) et le Valais (72,4%). Le Tessin y est aussi largement favorable, avec 65,5% de soutien.

Outre-Sarine, où les débats ont été plus nourris, le changement de système a eu plus de mal à convaincre. Quatre cantons l'ont refusé de justesse: Schwyz, avec 51,8% de non, Schaffhouse (50,6%) et les deux Appenzell, Rhodes-Intérieures (51,1%) et Rhodes-Extérieures (50,6%).

Tous les autres cantons alémaniques l'ont toutefois accepté avec des scores oscillant entre 51 et 58%. Bâle-Ville est le plus favorable, avec 60,9% des votes. Les Bernois ont soutenu la loi par 54,9%, les Zurichois par 55,7%.

Au total, environ 1,3 million de personnes ont glissé un bulletin favorable. Le camp du non a lui réuni 872'121 votes. La participation s'est élevée à 39,7% des votants.

Nouveau registre

Avec ce changement de système, les médecins partiront désormais du principe que toute personne est favorable au prélèvement de ses organes en cas de décès. Pour exprimer son refus, il faudra s'inscrire dans un registre. En cas de doute, les proches de la personne défunte pourront toujours refuser.

Actuellement, et contrairement à la majorité des pays européens, la Suisse vit encore sous le régime du consentement explicite. Toute personne qui souhaite faire don d'un ou de plusieurs de ses organes doit le faire savoir, au moyen d'une carte de donneur par exemple. Sinon, les médecins posent la question aux proches des défunts, qui souvent refusent.

Davantage de donneurs?

Passer au consentement présumé permettra d'augmenter le nombre de donneuses et donneurs et ainsi de sauver des vies, estime le Conseil fédéral. Plus de 1400 personnes sont en attente d'un organe en Suisse. Chaque semaine, une ou deux personnes décèdent faute d'avoir reçu un nouvel organe à temps.

Mais le don d'organes reste une question sensible et intime, qui confronte les gens à leur propre mort. Le changement de système, soutenu officiellement par tous les partis sauf l'UDC et le Parti évangélique, pourrait mettre à mal le droit à l'autodétermination des personnes, selon le comité citoyen qui a lancé un référendum.

Près de 6 millions de personnes devraient être informées qu'elles doivent, en cas de refus, s'opposer par écrit au don d'organes. Un objectif irréaliste, selon les opposants, qui craignent des dérives.

L'information à la population jouera un rôle-clé, avait reconnu le conseiller fédéral en charge du dossier Alain Berset. Des campagnes à grande échelle seront prévues.

ATS
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