La rousserolle verderolle désignée oiseau de l'année 2023

La rousserolle verderolle est une virtuose du chant et peut même imiter les sons de plus de 200 autres espèces. Son espace de vie est malheureusement menacé. ©BirdLife/Patrick Donini
Ornithologie
Keystone-ATS
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La rousserolle verderolle a été désignée oiseau de l'année pour 2023. L'organisation BirdLife Suisse a fait le choix de ce petit passereau brun, virtuose du chant et imitateur hors pair, pour promouvoir la restauration de ses habitats et les assurer à long terme.

L'oiseau de l'année 2023 est un peu plus petit qu'un moineau. Pourtant, le chant remarquable de la rousserolle verderolle permet de la reconnaître de loin. C'est surtout au crépuscule et durant la nuit qu'elle émet un flot presque ininterrompu de sons sifflés et cliquetants, entrecoupés de brillantes imitations de plus de 200 autres espèces d’oiseaux, écrit BirdLife Suisse jeudi.

Elle ne se limite pas aux chants d’oiseaux qu’elle apprend dans notre pays, mais imite aussi des espèces du sud-est de l’Afrique, dont elle a entendu les chants dans ses quartiers d’hiver et lors de la migration. Cette richesse d’imitation est unique dans l’avifaune européenne.

La rousserolle verderolle revient de ses quartiers d’hiver africains dans la seconde quinzaine de mai, ce qui en fait l’un des arrivants les plus tardifs de l’avifaune suisse. Lors de ses migrations, elle parcourt deux fois par an une distance d'environ 10'000 kilomètres. En Suisse, elle colonise les milieux humides à la végétation dense. Elle niche dans les talus de fossés et les zones d'atterrissement des lacs.

Espace vital à recréer et à entretenir

L'espace vital de cet oiseau se réduit toutefois de plus en plus. Ces 150 dernières années, plus de 90% des zones humides de Suisse ont été drainées et détruites. En dehors des zones protégées, la rousserolle verderolle ne trouve pratiquement plus de sites de nidification appropriés.

Pour assurer la survie à long terme de la rousserolle verderolle et des autres espèces des zones humides, il faut donc agrandir les sites existants et délimiter d'autres surfaces protégées dans le cadre d'une infrastructure écologique fonctionnelle, souligne l'organisation engagée dans la conservation des espèces menacées.

Les zones humides détruites doivent être partiellement restaurées, exige BirdLife. Les espaces nouvellement créés, tout comme les aires centrales existantes, doivent être maintenus en bon état.

ATS