La production valaisanne de miel bien plus faible qu’annoncé

La météo du printemps et de l'été 2021 n'ont pas permis aux abeilles suisses de butiner autant que d'habitude. ©Keystone-ATS
Apiculture

Les apiculteurs suisses ont subi les effets du mauvais temps cette année. Selon une enquête, le Valais s’en sortirait mieux que la plupart des cantons. Le président de la Fédération d’apiculture du Valais romand dresse un tout autre constat.

« On n’avait pas connu une récolte de miel aussi mauvaise depuis plus de 15 ans ». C’est ce qu’a déclaré lundi Apisuisse, l’organisation faîtières des associations apicoles suisses. Cette conclusion se base sur l’enquête annuelle de BienenSchweiz, l’association des apiculteurs alémaniques. Selon les chiffres avancés, le Valais limiterait les dégâts par rapport à la majorité des cantons, puisque la production de miel y serait en moyenne de 10 à 15 kg par ruche. Dans les cantons de Vaud et Fribourg, elle se situe entre 5 à 10 kg, alors que dans le Jura, à Berne et dans plusieurs régions de Suisse centrale, elle est inférieure à 5 kg. Seul le Tessin a été épargné, avec une production supérieure à 25 kg par colonie.

Six fois moins de miel

De son côté, François Schoch, président de la Fédération d’Apiculture du Valais romand (FAVR), n’est pas d’accord avec les chiffres avancés. « Ce n’est malheureusement pas tout à fait le constat que j’ai fait. Une année normale, la production est de l’ordre de 14 kg, donc ça voudrait dire qu’en 2021 on serait dans la norme. Mais quand on discute entre apiculteurs et apicultrices, on est plus à 2,3 ou 2,4 kg de moyenne par ruche. Donc on est loin de ce qu’annonce Apisuisse », affirme l’apiculteur de Daviaz.

François Schoch raconte que le mauvais temps est responsable de cette situation. Il explique que les abeilles sortent butiner pendant les heures d’ensoleillement, qui ont été faibles le printemps et l’été derniers. À cela s’ajoutent les épisodes de pluie qui ont lessivé le nectar des fleurs.

Entre pénurie et augmentation des prix

La maigre récolte 2021 a des conséquences. Selon le président de la FAVR, elle provoquera une hausse du prix du miel indigène. « En Valais, le prix d’une livre de miel se situe entre douze et quinze francs. Cette année, on va tous se rapprocher des quinze francs. C’est certain », précise François Schoch, qui ajoute qu’une pénurie de miel local est parfaitement envisageable d’ici la récolte 2022.

Le président de la FAVR assure toutefois que cette année difficile n’a pas découragé les près de 1’500 apiculteurs valaisans, qui sont quasiment tous amateurs. « Comme on ne vit pas de l’apiculture, on n’a pas les mêmes problèmes qu’une entreprise qui voit son chiffre d’affaires chuter. Les conséquences économiques sont donc moindres », conclut François Schoch.

FP
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