La perte d’épaisseur des glaciers en 2021 est la plus faible depuis près dix ans. Bonne nouvelle?

Glacier de Tsanfleuron, Savièse, Valais, Suisse. (16 September 2006) © Wikimedia Commons (JYB Devot)
Glaciers
Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

2021 a offert un répit aux glaciers: ils ont, en moyenne, moins fondu que les années précédentes. C’est le meilleur résultat depuis 2013. Il n'y a pourtant pas de quoi se réjouir, selon Raphaël Mayoraz, chef du service des catastrophes naturelles.

Selon les mesures du réseau des relevés glaciologiques suisse GLAMOS, c’est la perte de glace la plus faible depuis 2013.

Pourtant Raphaël Mayoraz, chef du service des dangers naturels au Canton du Valais le dit : 2021 ne sera probablement qu’une exception. L’année dernière, l’été n’avait pas présenté d’épisodes caniculaires importants, contrairement aux précédentes… et probablement contrairement aux périodes qui nous attendent dans le futur.

«Sur le bilan annuel, le glacier du Tsanfleuron ne fait que fondre et il va se réduire comme une peau de chagrin.»Raphaël Mayoraz, chef du service des dangers naturels au Canton du Valais.

Quelques chiffres 2021 : les glaciers du nord du Valais – celui du Rhône et celui d’Aletsch – ont tout de même perdu quelque 20 centimètres. Du côté de Tsanfleuron, c’était jusqu’à 2 mètres de glaces en moins. En moyenne, le volume a baissé d’environ 1%. Il n'y a pourtant pas de quoi se réjouir, selon le spécialiste. D’autant que les glaciers ne sont pas tous logés à la même enseigne. Les plus hauts en altitude seront plus longtemps épargnés, contrairement à ceux en de basses altitudes, comme le Tsanfleuron.

A quoi doit-on s'attendre pour 2022?

Alors combien de temps lui reste-t-il à vivre ? «C'est l'un des glaciers qui va disparaître le plus rapidement, parce que sa zone d'alimentation, c'est-à-dire son point le plus haut est 3200 mètres environ, explique Raphaël Mayoraz. C'est très bas par rapport aux grands glaciers Alpins qui ont une origine à 4000 voire 4500 mètres. Et donc, avec le réchauffement climatique, il n'a plus d'alimentation hivernale suffisante. En été, toute la neige accumulée en hiver fond à cause des canicules. Donc, sur le bilan annuel, il ne fait que fondre et il va se réduire comme une peau de chagrin.»

L’année 2022 n’augure rien de particulièrement bon. Avec le pic de chaleur en fin décembre et un enneigement plutôt faible, selon les données actuelles, il suffirait de quelques jours de grosse chaleur cet été pour faire radicalement baisser le volume de glace dans les hauteurs.

dar