La pénurie de chauffeurs guette la Suisse

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Transports
Estelle Daven
Journaliste RP

L’Europe connait une importante pénurie de chauffeurs poids-lourds. Si la situation en Suisse n’est pour l’heure pas aussi catastrophique qu’en Italie ou au Royaume-Uni, le responsable d’un centre de formation sédunois tire la sonnette d’alarme.

Les transports routiers sont en pleine crise. En Europe tout particulièrement, le manque de chauffeurs poids-lourds devient préoccupant. Le déficit de personnel serait de l’ordre de 17% cette année. Si la situation en Suisse n’est pour l’heure pas aussi alarmante qu’en Italie ou au Royaume-Uni, la relève se fait désirer.
Directeur du centre de formation sédunois inside-formations, Robert Küderli collabore avec des entreprises de toute la Suisse romande. Il constate lui-même de grosses difficultés de recrutement : "Plusieurs patrons qui cherchent des remplaçants me contactent. J'ai même un collègue dans le Gros-de-Vaud à qui il manque 10 chauffeurs, notamment pour faire face à l’augmentation du trafic des colis, et qui n’arrive pas à en trouver".

Peu d’intérêt de la part des jeunes

Selon Robert Küderli, la branche est en mal de relève. "En deux ans et demi, j’ai formé 80 chauffeurs. Un grand nombre d’entre eux m’ont été envoyés par les ORP ou par l’AI, dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Il n’y a plus de jeunes qui viennent de leur propre initiative".

"On doit payer pour travailler, c’est un comble !"Robert Küderli, directeur du centre inside-formations

Pour Robert Küderli, la pénibilité du métier, des salaires trop bas et des coûts de formation exhorbitants expliquent le manque d’intérêt de la part des jeunes pour la profession. "Si on est doué, il faut compter un minimum de 3'000 à 5'000 francs pour un permis de conduire sec de la catégorie C, c’est-à-dire sans remorque. Les chauffeurs doivent ensuite financer eux même leur formation continue pour un montant d’environ 1'000 francs", explique-t-il. "On doit payer pour travailler, c’est un comble !"

"Si on ne fait rien, notre frigo sera vide dans les 3 à 5 ans"Robert Küderli, directeur du centre inside-formations

Le directeur d’inside-formations tire la sonnette d’alarme : "Si on ne fait rien, notre frigo sera vide dans les 3 à 5 ans. Sans chauffeurs, la chaîne d’approvisionnement ne peut plus fonctionner ".

Mais que faire ?

Pour enrayer la problématique, Robert Küderli évoque quelques pistes. Il estime qu’une participation aux frais de formation de la part des entreprises et de l’Etat serait la bienvenue et que les salaires doivent être augmentés.

Selon la plateforme jobs.ch, le salaire médian d’un chauffeur se monte à 4'700 francs par mois.

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