La pandémie va probablement stopper 20 ans d'avancées sur la santé

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Coronavirus
Keystone-ATS
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La pandémie va probablement stopper deux décennies d'avancées sur la couverture santé pour tous. Avant même le coronavirus, plus de 500 millions de personnes ont fait face à une extrême pauvreté ou ont vu celle-ci s'étendre parce qu'elles devaient payer leurs soins.

Les dispositifs de santé ont été perturbés en raison de la pandémie et cette situation a affecté les composantes de la couverture santé pour tous "pour les prochaines années", a affirmé à la presse un responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La vaccination habituelle a diminué pour la première fois en dix ans et les décès liés à la tuberculose et à la malaria ont augmenté.

Avec les difficultés économiques liées à la pandémie, les patients ont de plus en plus de mal à payer leurs soins. Dans un rapport publié dimanche à Genève pour la Journée mondiale de la couverture santé pour tous, l'OMS s'attend à ce que le nombre de ces personnes augmente considérablement, sans donner davantage d'indications.

"Tous les gouvernements doivent immédiatement reprendre et accélérer les efforts" pour qu'aucun citoyen ne puisse accéder à la santé sans impact financier, affirme son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus. Et d'appeler les différents pays à étendre les dépenses publiques sur la santé et le soutien social.

31 pays seulement

Avant même la pandémie, près d'un milliard de personnes injectaient déjà 10% de leurs finances dans leur santé. Elles devaient parfois dépenser moins pour la nourriture ou le logement, situation qui s'est probablement détériorée avec le coronavirus. Cette part était même d'un quart pour près de 300 millions d'entre elles.

Les plus vulnérables sont les plus exposés à la pandémie. "Nous avancions, mais pas suffisamment" avant celle-ci, notamment en Afrique ou dans les petits pays insulaires du Pacifique, affirme un autre responsable de l'OMS. Des difficultés sont observées dans tous les Etats, moins dans les pays riches.

Avant la pandémie, 16 pays se trouvaient dans une très mauvaise situation sur cette question, alors que 31 seulement étaient proches d'atteindre l'objectif d'une couverture santé pour tous d'ici 2030. Et les gouvernements doivent protéger et augmenter l'enveloppe sur la santé, dit le rapport.

Près de 70% de la population mondiale avait accès aux soins indispensables avant la pandémie. Mais les autorités avaient moins avancé sur les coûts pour leurs citoyens. Les groupes les plus pauvres et les personnes dans les régions rurales sont les plus exposés. Jusqu'à 90% des ménages qui dépensent beaucoup pour leur santé sont déjà considérés comme pauvres. Une situation qui demande des politiques financières adaptées, ajoute encore le rapport.

ATS
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