La guerre des hélicoptères est lancée en Valais

Air Glaciers ©Keystone-ATS
Sauvetage
Estelle Daven
Journaliste RP

La guerre des hélicoptères entre dans sa phase concrète en Valais. Alors que le duel entre la Rega et les compagnies locales fait déjà des remous depuis plusieurs mois, l’appel d’offres pour le sauvetage héliporté paraîtra ce vendredi dans le Bulletin officiel.

Qui décrochera les prochains mandats de sauvetage héliporté en Valais ? Pour mémoire, c'est suite à un recours d'Héli-Alpes SA que le Tribunal fédéral a imposé au canton de lancer un appel d'offres. Si ce dernier doit paraître ce vendredi dans le Bulletin officiel, le duel entre la Rega et les compagnies locales Air Glaciers et Air Zermatt fait déjà des remous depuis plusieurs mois dans le ciel valaisan.

"Il ne faut pas laisser une opération sournoise s'emparer de ce que nous faisons très bien, à savoir le sauvetage"Patricia Meylan, députée-supléante du PDCVr

Tout a commencé en décembre, lorsque la Rega a décidé de stationner l’un de ses appareils à Sion, dans le hangar d'Héli-Alpes SA. La fondation zurichoise avait aussi clairement affiché son intention de participer à l’appel d’offres. Depuis, dans les travées du Grand Conseil, plusieurs députés se sont inquiétés du sort des compagnies valaisannes. Pas moins de trois interpellations urgentes sur le sujet ont été déposées sur la table du parlement, dont deux signées par la députée-suppléante du PDCVr Patricia Meylan. "Ce n’est pas Patricia Meylan qui mène un combat, c’est une famille politique, et je suis certaine que nous ne serons pas seuls", nous répond-elle lorsqu’on lui demande pourquoi elle s’implique autant dans ce dossier. "La question du sauvetage est dans les gênes des Valaisans, qui sont, à raison, très fiers de leurs compagnies d’hélicoptères. La Rega est venue en catimini à Sion. Il faut dès lors informer la population de ce qui est en train de se passer et ne pas laisser une opération sournoise s’emparer de ce que nous faisons très bien, à savoir le sauvetage", explique-t-elle.

Patricia Meylan veut informer la population d'une opération qu'elle juge sournoise

"La Rega vient nous narguer !"Patricia Meylan, députée-supléante du PDCVr

Malgré les nombreuses discussions au parlement, Patricia Meylan estime ne jamais avoir eu de réponse à sa principale question : Que vient faire la Rega à Sion ? "Officiellement, la fondation zurichoise justifie son arrivée en Valais par un renforcement du dispositif de sauvetage aérien pour le canton de Vaud et l’ouest de l’Oberland bernois. Mais en fait, la Rega vient nous narguer !" Pour justifier son propos, la députée-suppléante se réfère au rapport d’évaluation des besoins du dispositif de sauvetage héliporté valaisan rédigé par l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS). Lors de la consultation, la Rega a soulevé des points d’amélioration, notamment en lien avec le délai d’intervention. Elle offre un délai de décollage à 5 minutes, au lieu des 10 fixées par l’OCVS. "Et là où la Rega est d’une arrogance insoutenable, c’est qu’elle propose que toutes les interventions aériennes soient gérées par sa propre centrale d’engagement, à savoir le 1414. Demander cela à des Valaisans qui ont innové avec une centrale d’alarme qui attise l’intérêt de toute la Suisse, il fallait oser. La Rega a osé ! " ajoute Patricia Meylan.

"Ce qui me fait peur, c'est que la Rega est une puissance économique phénoménale qui peut sortir 100 millions"Patricia Meylan, députée-suppléante du PDCVr

Reste que le rapport de l’Organisation cantonale valaisanne des secours préconise le maintien du dispositif actuel, et qu’au final, c’est elle qui tranchera. Malgré tout, Patricia Meylan n’est pas tout à fait rassurée : "Ce qui me fait peur, c’est que la Rega est une puissance économique phénoménale. Elle peut sortir 100 millions pour acheter de nouvelles machines, alors que nous, nous ne pouvons pas. Suivant ce qu’elle est capable de proposer, il y a un risque que nous ne puissions pas nous aligner."

Dépend ce que la Rega propose, les compagnies valaisannes ne pourront pas s'aligner

Une proposition d’attribution des nouveaux mandats est prévue cet automne, après analyse des offres par l’OCVS. La décision interviendra d’ici la fin de l’année pour une entrée en vigueur en mai 2023, après le tumulte de la saison d’hiver.

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