La contestation ne faiblit pas au Canada, malgré l'état d'urgence

L'objectif est de désamorcer la situation "de façon pacifique" et par la médiation, a indiqué Jason Bellaire de la police de Windsor. ©KEYSTONE/EPA/ANDRE PICHETTE
Coronavirus
Keystone-ATS
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L'instauration en Ontario de l'état d'urgence n'a pas découragé les manifestants anti-mesures contre le Covid au Canada. Ils étaient encore des milliers samedi à Ottawa et bloquaient toujours un pont frontalier avec les Etats-Unis malgré l'intervention de la police.

Pour la première fois depuis le début du mouvement, la police a pris position en nombre aux abords de l'un des points chauds de la contestation: le pont Ambassador, qui relie Windsor en Ontario à la ville américaine de Detroit. La veille, la cour supérieure de l'Ontario avait ordonné le départ des manifestants installés depuis cinq jours.

Le blocage de cet axe essentiel a poussé Washington à intervenir auprès du chef du gouvernement canadien Justin Trudeau. Mais en début de soirée, la police n'était toujours pas parvenue à libérer totalement le pont après des heures de face-à-face avec les manifestants.

La plupart des camions et véhicules qui entravaient la chaussée ont été déplacés, a constaté un journaliste de l'AFP. Mais ils restaient plusieurs centaines de manifestants sur place.

Inquiétudes américaines

L'objectif est de désamorcer la situation "de façon pacifique" et par la médiation, a indiqué Jason Bellaire de la police de Windsor, incapable de confirmer si le pont serait définitivement évacué à la fin de la journée. Aucune arrestation n'a eu lieu dans l'immédiat.

La fermeture de ce pont inquiète vivement des deux côtés de la frontière. Elle a déjà entraîné des perturbations pour l'industrie automobile. Plus de 25% des marchandises exportées entre les Etats-Unis et le Canada y transitent.

Deux autres axes frontaliers sont également bloqués: le premier, à Emerson, relie la province du Manitoba au Dakota du Nord, tandis que le second est situé en Alberta.

"Nous pourrions être ici des mois"

Samedi, pour le troisième week-end consécutif, la foule était au rendez-vous dans la capitale fédérale Ottawa, épicentre du mouvement. De la musique, des klaxons, des pistes de danse et des stands pour du café: ils étaient des milliers à marcher et festoyer dans le centre-ville, où très peu de policiers étaient déployés.

John Pacheco, qui vient trois fois par semaine manifester, est persuadé que le mouvement va durer: "Ils ne vont pas sévir. Ils ne vont pas faire venir l'armée. Ils n'ont pas d'équipement pour déplacer tous ces camions. Donc, nous pourrions être ici des mois".

Selon un sondage, un tiers des Canadiens soutiennent le mouvement et 44% des personnes vaccinées comprennent "la cause et les frustrations véhiculées par les protestataires". Depuis le début du mouvement, trois provinces canadiennes ont annoncé l'abandon du passeport vaccinal et du masque dans les prochaines semaines. Mais ce n'est pas le cas des deux provinces plus peuplées du pays: l'Ontario, épicentre de la contestation, et le Québec.

ATS
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