Keller-Sutter pour un durcissement de l'octroi de visas aux Russes

La conseillère Karin Keller-Sutter au front dimanche à Bruxelles sur le dossier russo-ukrainien. ©KEYSTONE/EPA/STEPHANIE LECOCQ
Ukraine
Keystone-ATS
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La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter s'est dite favorable dimanche à un durcissement des conditions d'octroi de visas aux citoyens russes. Elle s'est exprimée après la réunion spéciale des ministres de l'Intérieur de l'UE à Bruxelles.

La cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) a déclaré que le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) était en train d'établir combien de visas ont été octroyés aux citoyens russes en Suisse. Dans l'ensemble, elle s'est dite favorable à une approche plus restrictive. Le cas des diplomates russes doit être pris en compte, a-t-elle précisé.

Selon Karin Keller-Sutter, le gouvernement suisse décidera par ailleurs lundi de mesures plus sévères contre la Russie. Ces mesures doivent être renforcées, a-t-elle dit. L'administration fédérale a donc préparé dimanche différentes mesures possibles.

Presque pas de demande d'asile

Le sujet principal de la réunion ministérielle portait cependant sur l'accueil des Ukrainiens fuyant leurs terres pour aller dans un pays de l'Espace Schengen, dont fait partie la Suisse.

La Pologne par exemple a reçu 250'000 Ukrainiens ayant fui leur pays. "Mais il n'y a pratiquement aucune demande d'asile", a observé la conseillère fédérale. "Un grand nombre d'entre eux sont hébergés chez des amis ou de la parenté. Nous étions d'accord qu'il fallait les laisser entrer (dans l'Espace Schengen)."

Les Ukrainiens n'ont pas besoin de visa pour entrer dans Schengen, pour autant qu'ils n'y restent pas plus de trois mois. La question est désormais de savoir ce qu'il adviendra d'eux une fois que ce seuil de 90 jours aura été dépassé, a expliqué la cheffe du DFJP.

La commission européenne a proposé la mise en place d'un statut de protection provisoire pour les personnes concernées, qui est similaire au statut S en Suisse. Mme Keller-Sutter a constaté que les ministres étaient quasi unanimes sur ce point.

"Solution paneuropéenne"

Le statut S garantit un accueil provisoire, pour au moins un an. La Suisse doit maintenant étudier en quoi le droit de protection européen correspond à celui en vigueur en Suisse. Ces aspects devraient être éclaircis lors de la prochaine réunion des ministres de l'intérieur de l'UE, jeudi.

Lorsque se posera concrètement la question de l'accueil de réfugiés, la Suisse participera à l'effort, a dit encore la conseillère fédérale, sans donner de chiffres.

La Suisse se montrera solidaire lorsqu'il s'agira de trouver "une solution paneuropéenne" pour l'accueil, avait relevé Mme Keller-Sutter avant même la rencontre. Cette situation tragique lui rappelle l'invasion de la Hongrie par les Soviétiques en 1956 et celle de la Tchécoslovaquie en 1968, a-t-elle relevé.

En tant que membre de l'espace Schengen, la Suisse participe à la protection des frontières extérieures de l'UE. En mai, les citoyens suisses voteront sur une augmentation des moyens alloués à l'agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes Frontex.

ATS