Julius Bär entretient des affaires avec des Russes sanctionnés

La banque présente un engagement de crédits vis-à-vis de moins de dix clients concernés par les sanctions (archives). ©KEYSTONE/ENNIO LEANZA
Banques
Keystone-ATS
Keystone-ATS

Julius Bär entretient des relations d'affaires avec des personnes touchées par les sanctions prises par les pays occidentaux après l'invasion de l'Ukraine. Le gestionnaire de fortune affirme cependant que son exposition à la Russie n'est pas significative.

L'établissement zurichois présente un engagement de crédits auprès de quelques clients - moins de dix - concernés par les sanctions. Il s'agirait de créances hypothécaires à faible risque pour de l'immobilier résidentiel en Europe occidentale, indique lundi la banque, sans toutefois donner davantage de précision, notamment sur la nationalité de ces personnes.

Le groupe évoque également des crédits lombard entièrement garantis par des actifs liquides, cet engagement étant présenté comme "marginal" dans le communiqué.

Julius Bär explique par ailleurs avoir réduit à zéro son exposition à des avoirs russes en février dernier, y compris pour ceux négociés hors de Russie.

A fin décembre 2021, la valeur nette des actifs de la filiale de conseil russe Julius Bär CIS, basée à Moscou, s'élevait à 0,4 million de francs. La banque a réduit ses activités sur place, tout en veillant à la sécurité de ses employés dans le pays, précise le communiqué.

Julius Bär assure appliquer toutes les lois et réglementations en vigueur, y compris les sanctions internationales. Elle n'a noué aucune nouvelle relation d'affaires avec des clients résidant en Russie depuis l'éclatement de la guerre.

Le gel des avoirs et des "ressources économiques" constitue l'une des principales mesures que les banques en Suisse doivent appliquer aux individus concernés par les sanctions internationales. Sur son site, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) mentionne également l'interdiction de l'octroi de nouveaux prêts.

Un responsable quitte son poste

Plus largement, les établissement financiers en Suisse doivent refuser tout nouveau dépôt dépassant les 100'000 francs de tout ressortissant russe et de personnes physiques ou morales basées en Russie. Les dépôts existants de plus de 100'000 francs doivent faire l'objet d'une déclaration aux autorités compétentes.

L'éclatement de la guerre a déjà entraîné un départ au sein de Julius Bär. Evgeni Smuschkovich, responsable pour l'Europe centrale et de l'Est, a décidé de quitter le groupe zurichois afin de "protéger la banque", affirme celle-ci dans un communiqué distinct, sans fournir davantage de détails.

Selon le portail d'information financière Inside Paradeplatz, qui a révélé ce départ dimanche, l'épouse de M. Smuschkovich serait la fille d'un oligarque biélorusse, Mikalai Varabei, qui est visé par les sanctions internationales en raison des relations qu'il entretient avec le président de son pays, Alexandre Loukachenko. Ce dernier est un soutien de son homologue russe Vladimir Poutine.

Par ailleurs, l'établissement a consenti à un don de 2 millions de francs à la Croix Rouge Suisse, pour l'engagement en Moldavie et en Pologne, ainsi qu'à l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés. Un montant supplémentaire de 450'000 francs a été attribué à la Croix Rouge Suisse par le biais de la fondation Julius Bär.

Dans un commentaire, la Banque cantonale de Zurich souligne que l'exposition de Julius Bär à la Russie ne constitue pas un risque particulier pour l'établissement, qui pourrait davantage pâtir des turbulences sur les marchés financiers causés par le conflit en Ukraine et ses effets sur l'économie mondiale.

ATS
Catégories