Journalistes relâchées à Khartoum après une journée de violence

Après deux mois de putsch, 53 morts et des centaines de blessés dans les manifestations contre les militaires, les partisans d'un pouvoir civil au Soudan continuent d'appeler à protester. ©KEYSTONE/AP/Marwan Ali
Soudan
Keystone-ATS
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Deux journalistes de la télévision saoudienne Asharq retenues par les forces de sécurité à Khartoum ont été libérées, a indiqué vendredi cette chaîne. Cela au lendemain de violences meurtrières lors de nouvelles manifestations contre le pouvoir militaire.

Le 21 novembre, le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a réinstallé dans ses fonctions le Premier ministre civil Abdallah Hamdok qu'il avait fait arrêter le 25 octobre en menant un coup d'Etat.

Tous deux ont ensuite signé un accord qui devait remettre la transition démocratique sur les rails et rassurer la communauté internationale qui a coupé le robinet de l'aide après le putsch.

Mais la mort jeudi dans de nouvelles protestations de cinq manifestants, les dizaines de blessés par balles, les attaques contre deux médias -Asharq et la chaîne satellitaire financée par les Saoudiens al-Arabiya- et la coupure totale du téléphone et d'internet ont relancé les interrogations sur les intentions du nouveau pouvoir dominé par les militaires.

Retenues plusieurs heures

Jeudi, "cinq officiers en uniforme de la sécurité" ont retenu plusieurs heures dans leur bureau avec leurs équipes les journalistes Maha al-Talb et Sally Othmane, avant de les libérer, a affirmé Asharq.

Mme Othmane avait été interrompue par les forces de l'ordre en plein milieu d'un direct. Sur la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux on la voit déclarer: "je ne vais pas pouvoir continuer, les autorités sont en train de m'interdire maintenant de poursuivre avec vous".

Mais la police soudanaise a affirmé qu'il s'agit "d'actions individuelles condamnables" au sujet desquelles des "enquêtes seront menées".

Ambulances bloquées

Selon un dernier bilan du syndicat des médecins pro démocratie, cinq manifestants ont été tués par balles à Omdourman, banlieue de Khartoum où se sont concentrées les violences jeudi, journée la plus meurtrière depuis l'accord entre MM. Hamdok et Burhane.

Le syndicat accuse également les forces de sécurité d'avoir bloqué des ambulances et sorti de force au moins un blessé grave de l'une d'elle.

La police soudanaise a confirmé quatre morts et fait état de 297 blessés "dont 49 policiers". Elle a fait état de "trois fourgons de police incendiés" et accusé certains manifestants d'avoir cherché à "faire virer un défilé pacifique vers des affrontements avec la sécurité".

Après deux mois de putsch, 53 morts et des centaines de blessés dans les manifestations contre les militaires, les partisans d'un pouvoir civil au Soudan continuent d'appeler à protester. Les ambassades occidentales, elles, ont protesté contre les morts, la coupure des communications et les attaques contre les médias.

ATS
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