Jean-Elie Fornage, bientôt 75 ans, au départ du Rallye International du Valais

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Le Rallye International du Valais vivra ce week-end sa 62ème édition. Parmi les 19 équipages au départ en catégorie historique, celui de Jean-Elie Fornage. À bientôt 75 ans, ce dernier fait son retour sur l’épreuve pour la première fois en…32 ans!

Ils sont dans les starting-blocks. Prêts à appuyer sur l’accélérateur. À faire vrombir leur moteur et crisser leurs pneus. Ils seront les acteurs de la 62ème édition du Rallye International du Valais qui se tient vendredi et samedi: les 77 équipages en lice. Dans la catégorie historique, ils seront 19 au départ. Parmi eux, Jean-Elie Fornage et son co-pilote Bernard Rouvelet. Le premier nommé fera à cette occasion son retour derrière le volant pour la première fois depuis l’édition 1990.

Une reprise «accidentelle»

«Si j’avais eu le budget nécessaire, je pense que j’aurais couru non-stop jusqu’à maintenant», avoue celui qui fêtera ses…75 ans en février prochain. «D’un autre côté, si je n’avais pas fait cette si longue pause, je me serais peut-être lassé. Cette année, je me suis remis accidentellement à refaire deux petits rallyes avec une vieille Volvo de 1965 et je me suis rendu compte que je me sentais bien au départ. Je ne ressentais pas de stress particulier. J’ai donc décidé de franchir le pas et de m’inscrire à ce Rallye du Valais.»

«Je suis comme un gamin, je me réjouis tellement fort d’être sur la ligne vendredi. Je ne sais même pas si je vais réussir à dormir d’ici là!»Jean-Elie Fornage

De sa dernière participation à aujourd’hui, le Valaisan affirme que le temps est passé à une vitesse folle. Tout un symbole pour ce féru de la pédale des gaz. «Depuis 1990, j’ai fait un peu de circuit pour maintenir le pilotage. Désormais, je suis comme un gamin, je me réjouis tellement fort d’être sur la ligne vendredi. Je ne sais même pas si je vais réussir à dormir d’ici là!»

Un premier départ en…1970

Il faut dire que le Rallye International du Valais a une signification particulière pour celui qui en a pris le départ pour la première fois en…1970. «Ce rallye, c’est énorme! Les routes sont belles, les paysages aussi. Ce sont des endroits que j’ai toujours fréquenté dans ma vie. Peu importe la spéciale au programme, je me retrouve chez moi. Passer dans des lieux où j’ai l’habitude de rouler prudemment et ne pas avoir de restrictions, c’est le plus grand plaisir que je puisse avoir!»

«Je pars en me disant que je finirai dernier comme ça, chaque place de gagnée sera un pas vers la satisfaction.»Jean-Elie Fornage

Au total, Jean-Elie Fornage a pris part à une quinzaine de rallyes sur les routes valaisannes. «Je ne les ai pas tous finis», précise-t-il. «Mon meilleur résultat, c’était une 2ème place en 1979 au volant d’une Porsche. Mon dernier, c’était un 7ème rang en 1989 avec une Ford. Pour quelqu’un qui ne fait pratiquement que cette course dans la saison, c’est quand même pas si mal.» Et cette année, quel objectif se fixe le Valaisan? «Je pars en me disant que je finirai dernier comme ça, chaque place de gagnée sera un pas vers la satisfaction», rigole-t-il. «Je n’ai pas de chronos de référence, de points de comparaison depuis une trentaine d’années. Le but premier sera donc de prendre un maximum de plaisir, de profiter de cette liberté de rouler comme j’ai envie.»

Des dégustations de vin entre chaque spéciale

De sa première participation à ce qui s’appelait encore le Rallye du Vin en 1970 à aujourd’hui, 52 ans sont donc passés. Et forcément, beaucoup de choses ont changé. «L’insouciance de la jeunesse a disparu. À l’époque, on était beaucoup moins prudents. Rendez-vous compte qu’entre chaque spéciale, une dégustation de vin était organisée. La participation était nettement moins chère. Mais il y a aussi des choses qui n’ont pas bougé: la passion de ce sport et le plaisir d’être au départ.»

«L’avenir passera peut-être par des voitures électriques même si je ne suis pas convaincu par ça. Personnellement, l’aspirateur, je l’ai à la maison, pas sur la route…»Jean-Elie Fornage

À l’instar de l’ensemble des amateurs, des passionnés de ce rendez-vous incontournable, Jean-Elie Fornage a ressenti un profond soulagement de voir le Rallye International du Valais échapper à la disparition qui aurait pu être entérinée cette année. «Je me fais quand même du soucis pour l’avenir du sport automobile au vu des difficultés actuelles», soupire-t-il. «La tendance est à l’écologisme et on voit bien que l’automobilisme devient la paria des sports. L’avenir passera peut-être par des voitures électriques même si je ne suis pas convaincu par ça. Personnellement, l’aspirateur, je l’ai à la maison, pas sur la route…»

Sur la route, Jean-Elie Fornage le sera ce week-end à l’occasion de la 62ème édition du Rallye International du Valais. Avec son co-pilote Bernard Rouvelet, il prendra place dans une Porsche 911 RS dans la catégorie véhicules historiques.

CM
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