«Je n’avais parfois pas assez d’énergie pour finir la journée»: Simon Pellaud

Simon Pellaud ©Rhône FM
Cyclisme
Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Une motivation intacte et une forme approximative. Simon Pellaud tente toujours de comprendre ce qui lui arrive depuis six mois. Il se confie sans tabou à quelques jours du lancement du Tour de Suisse 2022.

Simon Pellaud aimerait enfin lancer sa saison. Le Martignerain comptabilise une trentaine de jours de course. Une moyenne correcte si l’on tient compte de son nouveau rôle chez Trek-Segafredo. En revanche, sur le plan physique, le spécialiste des échappées au long cours est très loin de ses standards. Il faut dire que jusqu’ici, 2022 a surtout été synonyme de galère pour le résident de Chemin-Dessus.

Dans une impasse

Les chutes, il connaît. Il s’est d’ailleurs toujours relevé avec plus ou moins de réussite. Mais là, c’est un mal d’un autre genre qui l’a frappé. Une forme de Covid long qui a entraîné Simon Pellaud dans une spirale aussi négative qu’incompréhensible. « Je vis au jour le jour, appuie-t-il. Je n'arrive pas à être le cycliste que j’ai été. »

« J’ai été une seule fois en échappée cette saison alors que l’an passé j’en avais sept, rien que sur le Giro. » Simon Pellaud

Touché physiquement, le Valaisan accuse surtout le coup moralement. « C’est très dur mentalement. L’incertitude est pire que tout. Je ne sais pas quand ça va donner le tour. » Depuis le début de l’année, ces maladies à répétition entravent son acclimatation à sa nouvelle équipe. Un chiffre suffit à compléter le tableau de la désolation. « J’ai été une seule fois en échappée cette saison alors que l’an passé j’en avais sept, rien que sur le Giro. »

Mal répandu

Le cas de Simon Pellaud n’est pas isolé dans les pelotons professionnels. Au fil de la discussion, le Valaisan nous explique que beaucoup d’autres cyclistes vivent des situations comparables. Fatigue inexpliquée, niveaux d’énergie et de récupération en dessous de la moyenne : des symptômes variés, difficiles à traiter autrement que par du repos. S’il peine à trouver des mots pour expliquer sa maladie, Simon Pellaud tente une comparaison. « Cela peut ressembler à une mononucléose. Certaines fois je n’avais pas assez d’énergie pour finir la journée. D’autres jours, je finissais mon petit-déjeuner et j’allais me coucher sur le canapé. » Vidé de son carburant, le coureur se laisse gagner par la frustration. « Quand notre métier c’est de faire des efforts et de taper dedans, comme on dit, ce n’est pas du tout facile. »

Livré à lui-même

La détresse de Simon Pellaud est perceptible. Son corps ne répond pas, son esprit s’embrume. De quoi mettre – ou remettre – en lumière un thème parfois négligé : la santé mentale des athlètes. « Ce n’est pas un tabou mais je pense que ce n’est pas assez respecté. Chaque athlète doit trouver ce dont il a besoin pour avancer. » Les discussions avec les psychologues, très peu pour lui.

« Dès que je pourrais éliminer cette fatigue qui me poursuit mon mental reviendra. » Simon Pellaud

Le salut viendra de la guérison physique. « Dès que je pourrais éliminer cette fatigue qui me poursuit mon mental reviendra. Je ne me fais aucun souci. J’ai tellement galéré pour revenir sur le World Tour et signer dans une équipe comme Trek-Segafredo. La période est frustrante mais ma motivation est intacte. Plus que jamais. »

Au départ du TDS
Après avoir fait l’impasse, à son plus grand regret, sur le Tour de Romandie, le Valaisan tentera de chasser quelques démons dès dimanche. Il sera bien au départ du Tour de Suisse, où il pourra enfin montrer, à la maison, son maillot de chez Trek-Segafredo, équipe dans laquelle il s’était engagé pour cette saison 2022.
« J’espère que ma condition sera suffisante pour survivre au Tour de Suisse », Simon Pellaud
HDC
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