«J’ai toujours pensé que ma première expérience à l’étranger serait en Espagne»: Baltazar

Baltazar ©Rhône FM
FC Sion
Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Âgé de 21 ans, Baltazar Costa Rodrigues de Oliveira dispute sa quatrième saison avec le FC Sion. Parfois il détonne par son excès de fougue, parfois il semble perdu sur le terrain. Discret en dehors des pelouses, le Brésilien est sorti de l’ombre pour une première interview.

Baltazar, comment avez-vous découvert le football ?
Je ne me rappelle pas exactement. Je sais que j’ai reçu mon premier ballon de foot lors d’un anniversaire. Et j’avais huit ans lorsque j’ai commencé à apprendre dans un club. Au début c’était vraiment un jeu. Je voulais simplement m’amuser avec le ballon. Et puis j’ai assez vite compris qu’une carrière était possible. Alors j’ai déménagé dans une autre ville pour intégrer la formation de Vila Nova. Ça a été assez vite entre mon premier contrat au Brésil et mon arrivée à Sion en 2018.

« Je ne savais vraiment pas que j’allais atterrir en Suisse. C’est seulement à mon arrivée ici que j’ai compris. » Baltazar

Avant de signer à Sion, est-ce que vous aviez d’autre envies ou d’autres propositions ?
Il y avait beaucoup de spéculation. J’avais entendu parler de certains clubs qui s’intéressaient à moi au Brésil et en Espagne. Je ne savais vraiment pas que j’allais atterrir en Suisse. C’est seulement à mon arrivée ici que j’ai compris. Très tôt j’ai eu l’envie de venir en Europe. Et très honnêtement j’ai toujours pensé que ma première expérience à l’étranger serait en Espagne… jusqu’à ce que je découvre le FC Sion.

Qu’est-ce qui vous a surpris lors de votre arrivée en Valais ?
Le froid, c’est clair. C’est très différent du Brésil. Sinon je peux dire que je me suis bien adapté. Quand je suis arrivé, un autre joueur brésilien était avec moi et il devait signer aussi. Nous partageons le même agent. Et un certain doute s’est installé en moi. Après des discussions avec mes parents j’ai tout de même choisi de rester. J’ai signé mon contrat dans la foulée et depuis tout se passe bien grâce à Dieu.

Et quelles ont été les premières difficultés dans cette adaptation ? 
Le froid et la nourriture. C’était compliqué au début. Et aussi le changement de fuseau horaire. J’essayai de rester en contact avec mes proches et avec les 5 heures de différence ce n’était pas facile. Au début j’ai eu du mal à trouver mon rythme. Je ne trouvais pas le sommeil avant deux ou trois heures du matin et le lendemain à l’entraînement c’était compliqué. Mais je m’y suis fait.

« Les changements d’entraîneur ? J’ai trouvé ça bizarre au début mais je m’y suis habitué. » Baltazar

Vous avez découvert un club et aussi sa politique sportive. Est-ce que vous avez été surpris par les nombreux changements d’entraîneur par exemple ?
(rires)… Oh oui j’ai été très surpris. Assez rapidement après mon arrivée il y a eu un premier changement. Et depuis on a connu deux à trois entraîneurs par saison. Quand on voit que dans certains clubs il y a des coachs qui restent quatre ou cinq ans, cela pose question. J’ai trouvé ça bizarre au début. Je m’y suis habitué. Attention, je m’y suis habitué mais cela ne veut pas dire que c’est normal hein.

Et avec Paolo Tramezzani comment ça se passe ?
Bien. J’avais déjà travaillé avec lui lors de son précédent passage et il me transmet beaucoup de confiance. On avait fait une belle fin de saison avec lui et j’espère que cette fois ça sera pareil.

Parlons un peu de votre personnalité sur le terrain. Qu’est-ce qui vous manque encore pour passer un cap supplémentaire, pour vous affirmer davantage ?
Je pense que la communication peut beaucoup m’aider. Et je sens que c’est ce qui me manque. Je suis un joueur calme. Je ne parle pas beaucoup et je reste dans mon coin. Si j’arrive à mieux m’entendre avec mes partenaires cela peut changer beaucoup de choses.

« Je me considère comme un huit. C’est une position dans l’axe du terrain que j’apprécie parce que je peux toucher beaucoup de ballons. » Baltazar

Et du coup en quelle langue est-ce que vous essayez de communiquer ?
En français ! Même avec mes coéquipiers brésiliens des fois. Lors de certaines actions rapides on essaie de parler tous la même langue. Et certaines fois bien sûr il y a des incompréhensions alors je repasse au portugais. Ça m’arrive aussi de choper aussi quelques mots en italien ou en allemand pour des choses basiques. Cela me permet de me faire plus ou moins comprendre par tout le monde.

En près de 60 matches officiels, vous avez occupé diverses positions sur le terrain. Où est-ce que vous vous sentez le plus à l’aise ?
Je me considère comme un huit. C’est une position dans l’axe du terrain que j’apprécie parce que je peux toucher beaucoup de ballons. Il y a beaucoup de mouvements offensifs et défensifs mais aussi une certaine liberté. Après, je m’adapte à ce que l’entraîneur demande. S’il le faut je peux jouer en dix derrière les attaquants, en tant qu’ailier sur n’importe quel côté et même en défense. Je joue où on me dit de jouer sans problème.

« Je crois que c’est possible de placer le FC Sion parmi les trois ou quatre premiers rangs. » Baltazar 

Quel regard est-ce que vous portez sur la saison en cours ?
Nous avons eu de bonnes séquences et quelques victoires. Et lors de certains matches nous avons fait preuve d’inattention. Je pense à des phases de balles arrêtées ou a des matches qui nous ont échappé dans les dernières minutes. Cela nous pénalise. Je pense qu’on doit encore régler certaines choses… des petits détails qui devraient nous permettre d’engranger plus de points.

Toutes les saisons que vous avez disputées jusqu’ici à Sion ont été compliquées. Pourquoi est-ce que vous pensez que l’issue sera différente cette fois ?
Je n’ai pas une très bonne mémoire. Je pense déjà que ça se passe mieux cette saison que les précédentes. Actuellement je dirais même que nous traversons une phase positive et il faut que ça continue comme ça. Cette septième position au classement ne reflète pas la qualité du groupe. On a les moyens de faire mieux. Je crois que c’est possible de placer Sion parmi les trois ou quatre premiers rangs. 

Qu’est-ce qui vous permet de dire ça ?
Il y a des joueurs expérimentés. Le changement d’entraîneur a aussi amené une autre dynamique et de la confiance à certains éléments qui étaient un peu mis au placard. Avec le retour de Paolo Tramezzani on a quelqu’un qui connait le groupe et qui peut redonner de la confiance. Il donne aussi des opportunités à ceux qu’il connait moins. Tout le monde a retrouvé de la motivation et les résultats suivent.

HDC
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