Insolite: pour dégonfler leur facture d'électricité, ils cuisinent de nuit

Pour profiter de meilleurs tarifs, Damien Germanier fait tourner ses fours la nuit ©Keystone-ATS
Electricité
Oriane Binggeli
Journaliste RP

De nuit, l’électricité coûte moins cher qu’en pleine journée. Pour dégonfler leur facture, des entrepreneurs changent leur rythme de travail et font tourner leurs machines à minuit. Ont-ils raison ? Le point.

Eteindre les lumières et appareils électriques, renoncer aux décorations de Noël ou se passer de certains éclairages publics.

Tous les moyens sont bons pour baisser sa consommation d’énergie. Plus insolite: certains n’hésitent plus à changer leur organisation professionnelle et travailler de nuit. Puisque certains distributeurs proposent des tarifs moins chers entre 20h et 8h du matin. 

Un planning réorganisé

Chez Damien Germanier, restaurateur à Sion, c’est désormais entre 22h et 6h du matin que mijotent les plats et viandes en cuisson lente. Qu'on se rassure, aucun employé ne passe la nuit dans l'établissement. Le changement ne chamboule et ne rallonge pas sa journée de travail, dit-il. "C'est simplement une organisation différente", décrit-il. "On est de toute façon sur place à 22h. Il s'agit ensuite de réchauffer les mets pour le service le jour suivant."

Le chef n'est pas le seul à avoir pensé à l'astuce. Dans la boucherie Mariéthoz à Nendaz, chez Jean Charbonnet, c’est le fumage de la viande qui se fait dans le noir. "C'est juste une réorganisation dans les tâches du quotidien", confie Jean Charbonnet. 

Des efforts payants? 

Quand on leur demande si leurs efforts se voient sur leur facture, les deux entrepreneurs avouent n’avoir pas suffisamment de recul. "Pour l’heure, les frais augmentent", observe Damien Germanier. "Mais même si cela permet de sauver quelques centaines de francs, c’est toujours ça de pris. On traversera cette crise comme toutes les autres".

Economie minimes

Réelle économie ou péccadilles? On a posé la question à Alain Neuwerth, responsable marketing et commercial du groupe Genedis. "Evidemment qu'il est possible d'économiser", admet-il, montrant des réductions de 5 centimes par Kilowattheure aux heures creuses. "Mais l'impact sera finalement assez minime sur la facture totale, d'autant qu'on parle là d'économie financière et non pas d'économie d'énergie."

Le spécialiste renvoie les professionnels de la restauration aux conseils diffusés par Gastrosuisse: privilégier la cuisine vapeur, ne pas oublier le couvercle sur la casserole ou équiper ses robinets d'économiseur d'eau. "Le moyen le plus efficace et long terme sera de produire sa propre énergie en équipant son infrastructure de panneaux photovoltaïques", insiste-t-il. 

OB

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