Immo-Solidaire croule sous les demandes d'aide au logement pour les personnes insolvables

Eliane Rosset, fondatrice et directrice de l’association Immo-Solidaire, ne pensait pas recevoir autant de demandes. Son organisation se porte garante auprès de régies ou de propriétaires, pour des personnes en situation d’insolvabilité. ©Keystone-ATS
Immobilier
Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Endettés, en poursuites ou simplement sans revenus suffisants, ils sont des centaines en Valais à ne pas trouver d’appartements. Et cela pourrait encore s’accentuer dans le Haut-Valais, puisque l’attractivité économique de la région a fait doubler le prix des logements.

«Je ne m'attendais pas à ce que cela prenne autant d’ampleur,» s'étonne Eliane Rosset, fondatrice et directrice de l’association Immo-Solidaire. Son organisation se porte garante auprès de régies ou de propriétaires, pour des personnes en situation d’insolvabilité. Et depuis quelques mois les sollicitations pleuvent. Elles viennent de personnes endettées, en poursuites ou simplement sans revenus suffisants, qui ne trouvent pas de logements.

«Ce sont rarement des SDF. Je dirais plutôt que ce sont des “mal-logés”. Ils vivent souvent sur le canapé d’un ami, à l’hôtel ou même parfois dans leur voiture.» Les personnes qui reçoivent les prestations d’Immo-Solidaire sont majoritairement des personnes seules ou des familles monoparentales.

«Ce sont rarement des SDF. Je dirais plutôt que ce sont des “mal-logés”. Ils vivent souvent sur le canapé d’un ami, à l’hôtel ou même parfois dans leur voiture.» Eliane Rosset, fondatrice et directrice d'Immo-Solidaire

Concrètement, Immo-Solidaire signe le bail auprès des régies ou des propriétaires, puis l'association sous-loue l'appartement à la personne qui en a fait la demande. Un système qui fonctionne donc comme garantie pour les bailleurs, puisque c'est l'association qui s'occupe de percevoir les loyers et de les reverser. Sur une soixantaine d’appartements loués en 2021, une dizaine de mois n’ont pas pu être payés. Dans ce genre de cas, le manque à gagner est à la charge de l’association.

Une demande d'aide au logement par jour en 2022

Depuis l'année dernière, le Service de l'action sociale du canton finance les charges de fonctionnement (administration, salaires, etc.). L'association perçoit également des frais de gestion inclus au loyer, payés soit par les locataires soit par les propriétaires, selon l'arrangement. Des fonds de réserve ont également été constitués par les grandes communes valaisannes. Le tout est complété par un apport de fondations diverses.

Si Immo-Solidaire a maintenant dix ans, cela fait pourtant seulement quelques mois que les prestations de l’association ont été visibilisées. Et depuis que l'association a été cantonalisée et fait partie d'un mandat de prestation, un deuxième bureau a été ouvert pour couvrir l'entièreté du Valais. En ce mois de janvier, l'organisation a reçu près d’un dossier par jour pour des demandes d’aides. «On croule sous la demande», selon Eliane Rosset. Quelques chiffres: en 2019, elle avait reçu 81 dossiers, en 2020, c'est passé à 120. Et l'année dernière a culminé à 230. A ce rythme, 2022 devrait dépasser la barre des 300.

Une surchauffe dans le Haut-Valais

Une problématique supplémentaire s'ajoute pourtant depuis peu. «Dans le Haut-Valais, il n'y a presque plus de logements disponibles. La Lonza a engagé en masse et il a fallu loger tous ces gens, analyse Eliane Rosset. Actuellement lorsqu'un appartement se libère, il est déjà reloué en quelques jours. Cela risque de n'être que passager, mais en attendant c'est compliqué.» Selon une étude de marché réalisée par Immo-Solidaire, les loyers auraient «facilement doublé, voire triplé dans certains cas». Des demandes arrivent, mais contrairement au Bas-Valais, où le nombre d'appartements vacants est important, les solutions ne sont pas simples à trouver.

dar
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