Hotspot du changement climatique, le Valais met en consultation sa propre loi sur le climat

La stratégie de lutte contre le changement climatique présentée sur fond de catastrophes naturelles ©rfm
Climat
Christian Hermann
Rédacteur en chef adjoint

Parce qu’il est aux premières lignes des effets du réchauffement climatique, le canton a annoncé jeudi, mettre en consultation un avant-projet de loi valaisanne sur le climat. Le texte doit servir de base au financement de mesures concrètes établies dans un plan climat.

"En Suisse, comme en Valais, la température moyenne progresse deux fois plus vite qu'à l'échelle mondiale". Le constat martelé ce jeudi en conférence de presse par Roberto Schmidt, chef du Département des finances et de l'énergie, est limpide.
Dans la réalité, les exemples qui illustrent le phénomène sont sur tous les fronts : le recul des glaciers, les vagues de chaleur plus longues et plus intenses, les sécheresses et les feux de forêt en hausse, les précipitations plus intenses et fréquentes ou encore les hivers plus doux et peu enneigés qui affolent les stations.
"Les masses montagneuses continentales de manière générale sont plus affectées" par le phénomène, relève Christel Dischinger, cheffe de projets à la Fondation pour le développement durable des régions de montagne. Si rien n'est entrepris, la température moyenne pourrait augmenter de 3 degrés supplémentaires en Valais d'ici 2060 par rapport à la période 1981-2010; en été, elle pourrait même augmenter de 4,5 degrés, rappelle Christel Dischinger, d’où la nécessité de créer un cadre légal.

Une loi qui ouvre la voie vers des projets concrets, explique Christel Dischinger

Pour le Conseil d’Etat valaisan, il faut donc maintenant une véritable volonté politique pour renverser la tendance" et nous avons peu de temps. C’est ce qui justifie une loi sur le climat.

Il y a clairement urgence, estime Roberto Schmidt

Le canton a donc mis en consultation un avant-projet de loi sur le climat.
Ses buts s'alignent sur ceux de la Confédération. Il s'agit notamment d'atteindre la neutralité CO2 d'ici 2050 et de réduire les émissions directes de moitié d'ici 2030 par rapport à 1990.
Pour l'administration cantonale, le zéro net et prévu dès 2040. C'est aussi une question d'exemplarité", précise le conseiller d'Etat.

La porte ouverte pour un plan climat et un fonds spécial pour le financer

L’avant-projet de loi prévoit l’établissement d’un Plan climat cantonal qui définira les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux changements climatiques.
Pour atteindre les objectifs climatiques, les investissements supplémentaires sont estimés à quelque 50 millions de francs par an. "Les coûts de l'inaction sont dix fois plus élevés", a prévenu Roberto Schmidt.
Le budget ordinaire de l'Etat, sans introduction de nouvelles taxes ou impôts, doit pourvoir à ces dépenses. En ce qui concerne les projets de grande envergure, le grand argentier propose de créer une réserve climatique avec une dotation initiale de 150 millions de francs prélevés sur la fortune de l'Etat.

CH/ats